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Jean Rochefort, lors de la 17e Nuit des Molières, le 12 mai 2003 au théâtre Mogador à Paris.
Épisode 4 :

Faire du cinéma, c’est pas pensable !

27 min
À retrouver dans l'émission

Né en 1930, ayant grandi en Province, rien ne le prédestinait à l’immense carrière qu’on lui connait. Mais de l’ennui de cette enfance va naître une passion pour les histoires, et la façon de les raconter. A 18 ans, son choix est fait : il monte à la capitale pour devenir comédien.

Jean Rochefort, président de la cérémonie des César qui seront décernés le 22 février 2008 au théâtre du Châtelet
Jean Rochefort, président de la cérémonie des César qui seront décernés le 22 février 2008 au théâtre du Châtelet Crédits : PATRICK KOVARIK - AFP

4) Faire du cinéma, c’est pas pensable !

S’il était né au Japon et non en France, Jean Rochefort serait assurément considéré comme « un trésor national vivant », en ceci qu’il incarne à lui seul tout un pan de la culture française.

Il mange de la vache enragée quelques années avec un cercle d’amis à la loyauté inébranlable : Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer ou encore Philippe Noiret.

Du théâtre d’auteur avec Claude Régy au cinéma de divertissement avec Philippe de Broca dans les années 60, Rochefort s’affirme dans les années 70 comme un des acteurs français les plus populaires, avec les aventures du Grand Blond ou « Un éléphant ça trompe énormément », tout en creusant son sillon dramatique avec Tavernier, dans « L’horloger de Saint-Paul », César du meilleur second rôle, ou avec Schoendorffer, dans « Le crabe-tambour », César du meilleur acteur.

Enchaînant les rôles au cinéma, avec Patrice Leconte, Edouard Baer ou Guillaume Canet, Jean Rochefort revient régulièrement sur les planches, pour transmettre ses admirations, et mène en parallèle une vie bien remplie d’éleveurs de chevaux et de compétiteur de « complet ».

Après avoir vu "A bout de souffle" et "Shadows" de Cassavetes : "Pendant une semaine, j’ai marché 10 cm au-dessus du bitume, parce que je me suis dit 'Là est mon avenir !' J’étais littéralement bouleversé, enthousiasmé et j’ai eu très envie du cinéma en ayant vu cela."

"Je pensais être un acteur de théâtre, uniquement, j’étais venu à Paris pour être acteur de théâtre. Déjà être acteur de théâtre, quitter sa province pour faire du théâtre était quelque chose d’un peu glauque mais pour y faire en plus du cinématographe, c’était vraiment l’abysse impossible à la vue des bourgeois de province de cette époque."

"Je crois que le vrai coup de foudre, le vrai tutoiement avec la caméra, ça a été 'L’horloger de Saint Paul' et Tavernier, où il y avait là une espèce de seconde nouvelle vague qui arrivait. Et là, j’ai eu un réel plaisir à faire du cinéma. La caméra n’était plus un adversaire. On était ami avec elle, on essayait de travailler avec elle. Et c’est là que mon amour du cinéma a commencé."

"J’apporte du bonheur aux gens, et il y a un partage dans la rue. Je me sens exister vraiment depuis cette popularité […] Nous avons un rôle social et il faut le remplir […] Mes proches me le reprochent souvent mais ma baguette de pain peut durer trois heures."

"C’est peut-être parce que je suis un sédentaire dans la vie que je suis à l’aise dans des films d’errance"

Par Arnaud Laporte. Réalisation Anne Secheret. Avec la collaboration de Claire Poingnon.

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