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Jordi Savall avec Sophie Nauleau

30 min
À retrouver dans l'émission

Jordi Savall
Jordi Savall
Jordi Savall © C/VIco Chamla réalisation de Bruno Sourcis Jordi Savall sait l'art du chant, de l'archet et de la fugue mais pas seulement. Certes ses violes de gambe l'accompagnent partout depuis plus de quarante ans, et c'est vrai qu'il ressemble un peu à ces grands d'Espagne peints par Le Gréco ou Vélasquez avec sa barbe brune, mais il a le coeur simple. Si le musicien n'a pas de temps à perdre - s'étant mis, selon lui, à la musique trop tard - l'homme, gambiste loquace se livrant sans manières, ne se prive plus des plaisirs de la vie. Dans un français chahuté et parlé à merveille, ce Catalan cite Goethe, Kandinsky, La Fontaine - La grâce, plus belle encore que la beauté - aussi naturellement qu'Elias Canetti : La Musique est l'histoire vraie et vivante de l'humanité dont, sans elle, nous ne détiendrions que des parcelles mortes. On y adhère sans résistance car son langage relève du sentiment. Plus la population terrestre devient dense, plus la vie devient machinale, et moins on va pouvoir se passer de la musique, et c'est le premier devoir de l'intelligence future que de préserver de toute influence ce formidable réservoir de liberté. Mais s'il est un mot pour définir Jordi Savall, c'est la délicatesse. Délicatesse à dire, à raconter ou à décrire autant qu'à jouer. Tel Sainte Colombe dans Tous les matins du monde ressuscité par Pascal Quignard : « Quand je tire mon archet, c'est un petit morceau de mon coeur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n'est que la discipline d'une vie où aucun jour n'est férié. J'accomplis mon destin. » Jordi Savall s'exprime de même. Toujours avec ferveur, tendresse et vérité. L'air de rien, de la parole à la musique ancienne, se tissent l'oubli, l'histoire, le présent, la mémoire et les sonorités - l'archet a son trait aussi long à peu près que l'haleine ordinaire d'une voix disait Marin Mersenne en 1637. Aussi Jordi Savall parle-t-il avec le même amour de Montserrat Figueras, sa complice à la scène comme à la ville depuis Bach et leurs jeunes années, que de ce bel instrument ancien que l'on embrasse : viole de gambe à la tête féminine ayant une âme pour l'hiver et une âme pour l'été, viole si vulnérable attendant suspendue au bout d'un pompon rouge, viole légère qui siffle et se rebiffe lorsque on l'abandonne, viole jalouse dès lors que le soliste la quitte ou la délaisse pour ses travaux d'orchestre.
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