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Sabine Weiss dans son atelier rue Murat à Paris, en 2015.
Épisode 5 :

Notes sur le présent et l'avenir

29 min
À retrouver dans l'émission

Longtemps méconnue du grand public, Sabine Weiss est aujourd’hui célébrée comme l’une des figures majeures du courant de la photographie humaniste, aux côtés de Robert Doisneau, Edouard Boubat, Willy Ronis ou Izis.

Sabine Weiss dans son atelier rue Murat à Paris, en 2015.
Sabine Weiss dans son atelier rue Murat à Paris, en 2015. Crédits : Lily Franey - Getty

Sabine Weiss n'est pas une artiste engagée, elle n'est pas militante, ni féministe. Son seul engagement reste la photographie, à laquelle elle consacre encore aujourd'hui la plupart de ses journées, travaillant sur ses archives ou bien à la perpétuation de l’œuvre de son mari, le peintre Hugh Weiss disparu en 2007. Elle assume parfaitement cette absence de prise de parole publique, compensée par un immense investissement dans sa vie privée :

Je suis très engagée dans ma photographie, dans ma propre vie. Je suis finalement une personne très égoïste, qui travaille pour elle.

Elle a pratiqué la photographie pendant plus de 70 ans. C'est son éternelle compagne. Encore aujourd'hui, elle ressort ses vieux clichés, trie, range : elle vit au milieu de ses photographies.

Pourtant, elle ne photographie pas, ou très peu, ses proches. Mais elle encourage les autres à le faire :

Je dis toujours aux jeunes : "Faites des photographies de tout votre environnement, vous serez surpris de la vitesse avec laquelle tout va changer autour de vous. Photographiez aussi votre intérieur. Proposez aux gens de leur faire un petit film ou un petit livre sur leur vie, leur intérieur, leur quotidien : une petite mémoire de l'instant."

Sabine Weiss refuse toute affiliation à un courant spécifique, toute influence : "Je n’étais d’aucune catégorie, j’étais simplement photographe". Quand elle se met à la photographie, en 1948, elle ne connaît rien, et l'absence à cette époque de musées ou d'expositions qui seraient consacrés à ce domaine artistique ne lui donne pas l'occasion de se familiariser avec les œuvres d'autres photographes. Mais même plus tard, avec le temps et l'expérience, elle conservera toujours cette forme de distance, allant jusqu'à déclarer : 

La photographie n'existe pas pour moi.

Elle ne se sent pas proche des autres photographes, même ceux du courant humaniste. Elle se sent en fait plus liée au milieu des peintres, celui de son mari. La photographie est son travail, alors que la peinture est une passion.

Comme toujours, c'est le rapport très simple de Sabine Weiss à la photographie qui ressort ici de ses propos. Elle parle avec sérénité et humilité de l'immense travail qu'elle a accompli pendant toutes ces décennies. Si elle devait cependant avoir un regret dans sa carrière, Weiss dit que ce serait de ne pas avoir eu l'occasion de photographier Pablo Picasso, ou de faire plus de reportages.

Par Amaury Chardeau. Réalisation : Vincent Abouchar. Attachée de production : Claire Poinsignon.

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