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Figure majeure de la littérature française du XXe siècle, Céline est aussi connu pour son antisémitisme et ses relations étroites avec les milieux collaborationnistes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Épisode 3 :

Céline à l'heure de la Seconde Guerre mondiale

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans une émission réalisée par Jean-Claude Loiseau, Matthieu Garrigou-Lagrange commente les rares documents sonores où l'on entend Louis-Ferdinand Céline parler de sa vie et de son oeuvre.

Figure majeure de la littérature française du XXe siècle, Céline est aussi connu pour son antisémitisme et ses relations étroites avec les milieux collaborationnistes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Figure majeure de la littérature française du XXe siècle, Céline est aussi connu pour son antisémitisme et ses relations étroites avec les milieux collaborationnistes pendant la Seconde Guerre mondiale. Crédits : Keystone France - Getty

Il existe peu d'archives sonores de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), ce qui peut à la fois surprendre au vu de sa formidable notoriété d’avant-guerre (notamment à partir de la parution du Voyage au bout de la nuit, en 1932) et de sa sulfureuse célébrité d’après-guerre, et s'expliquer assez facilement au vu de la misanthropie qui caractérise l'auteur. C'est seulement à partir de la fin des années 1950 qu'il commence à donner plus d'entretiens audio, précisément pour essayer de se donner une nouvelle image publique après sa condamnation pour collaboration et son exil au Danemark.

Matthieu Garrigou-Lagrange a recensé tous ces documents sonores existants sur Céline, et vous en propose une sélection. On y retrouve aussi bien des interviews réalisées par des journalistes (notamment une longue interview de 1959 avec Francine Bloch, provenant du fonds sonore de la Bibliothèque Nationale de France) que des échanges avec des particuliers (par exemple Jean Guénot et Jacques d’Harribehaude, deux étudiants s'étant entretenus avec Céline vers la fin de sa vie).

Ce troisième épisode est consacré à un entretien de 1957 avec Albert Zbinden. Un document sonore dans lequel Céline se voit confronté à la question de la Seconde Guerre mondiale, de son rapport à l'Allemagne, et de son antisémitisme. 

L'entretien ayant lieu juste après la parution du roman de Céline D'un château l'autre, il y est tout de même d'abord question de littérature, et plus précisément du style célinien. 

Très rapidement cependant, la littérature est envisagée en tant que moyen d'expression politique. Interrogé sur ses prises de position durant la Seconde Guerre mondiale, Céline défend son pacifisme radical, et affirme n'avoir pas changé d'avis ; mais il refuse l'étiquette de collaborationniste : 

Je n'ai jamais collaboré à aucun journal, ni donné des interviews, ni parlé à la presse, ni voté, ni fait partie d'un parti. Je suis absolument, strictement indépendant. Je m'élevais simplement comme écrivain, et je croyais dans ma vanité pouvoir influencer qui que ce soit en faveur de la paix. C'est tout. Strictement tout.

C'est donc avant tout son indépendance que l'écrivain revendique, et son droit à choisir librement son camp - position qu'il résume avec cette formulation quelque peu provocatrice : "Je suis femme du monde, et pas putain".

Les propos de Céline sont ici particulièrement sombres, allant jusqu'à aborder à la fin de l'entretien la question du suicide. L'occasion de déclarer que, si lui, "l'ennemi du genre humain", devait prononcer une dernière phrase avant sa mort, il crierait haut et fort "Dieu qu'ils étaient lourds", en parlant des hommes... 

Réalisé par Jean-Claude Loiseau. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Mixage de Marie Lepeintre. En partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France.

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