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Du fait de sa misanthropie naturelle et de sa réticence à donner des entretiens, il est très rare de pouvoir entendre Louis-Ferdinand Céline donner son avis sur d'autres auteurs.
Épisode 5 :

La bibliothèque de Louis-Ferdinand Céline

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans une émission réalisée par Jean-Claude Loiseau, Matthieu Garrigou-Lagrange commente les rares documents sonores où l'on entend Louis-Ferdinand Céline parler de sa vie et de son oeuvre.

Du fait de sa misanthropie naturelle et de sa réticence à donner des entretiens, il est très rare de pouvoir entendre Louis-Ferdinand Céline donner son avis sur d'autres auteurs.
Du fait de sa misanthropie naturelle et de sa réticence à donner des entretiens, il est très rare de pouvoir entendre Louis-Ferdinand Céline donner son avis sur d'autres auteurs. Crédits : Keystone France - Getty

Il existe peu d'archives sonores de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), ce qui peut à la fois surprendre au vu de sa formidable notoriété d’avant-guerre (notamment à partir de la parution du Voyage au bout de la nuit, en 1932) et de sa sulfureuse célébrité d’après-guerre, et s'expliquer assez facilement au vu de la misanthropie qui caractérise l'auteur. C'est seulement à partir de la fin des années 1950 qu'il commence à donner plus d'entretiens audio, précisément pour essayer de se donner une nouvelle image publique après sa condamnation pour collaboration et son exil au Danemark.

Matthieu Garrigou-Lagrange a recensé tous ces documents sonores existants sur Céline, et vous en propose une sélection. On y retrouve aussi bien des interviews réalisées par des journalistes (notamment une longue interview de 1959 avec Francine Bloch, provenant du fonds sonore de la Bibliothèque Nationale de France) que des échanges avec des particuliers (par exemple Jean Guénot et Jacques d’Harribehaude, deux étudiants s'étant entretenus avec Céline vers la fin de sa vie).

Ce cinquième et dernier épisode est consacré à la suite de l'entretien réalisé au domicile de Céline le samedi 6 février 1960 - donc à l'extrême fin de la vie de l'écrivain, qui disparaît le 1er juillet 1961 - par des étudiants du centre audiovisuel de l'Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, Jean Guénot et Jacques D’Arribehaude. Le dernier entretien de Céline avant sa mort.

L'écrivain y parle quasi exclusivement de littérature. D'une part, il passe en revue ses auteurs favoris : Proust (un romancier "extraordinairement doué"), Balzac, Stendhal, La Fontaine (dont il admire la capacité à tout dire "en très peu de mots" : "il n'y a rien à ajouter, c'est fait, c'est correct"), François Villon ("notre Shakespeare")... 

D'autre part, il dresse un tableau du paysage littéraire de son époque, cette fois beaucoup plus péjoratif. Il reproche notamment aux auteurs contemporains de se contenter de copier les anciens ("ça pompe"), et fait cette déclaration cinglante : "L'époque est morte".

Si cet entretien privé permet à Céline de sorte sortir de son rôle et de l'image qu'il a construit de lui-même, en donnant à voir une autre facette de sa personnalité, peut-être plus proche de la personne qu'il était au quotidien, le ton de son propos reste marqué par le virulent pessimisme qu'on lui connaît. L'écrivain confirme son "goût animal pour le retrait", pour la "solitude absolue, totale", ainsi que sa conception de l'écriture comme un "signe de maladie"

Réalisé par Jean-Claude Loiseau. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Mixage de Marie Lepeintre. En partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France.

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
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