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Lucien Hanoun (1/5)

28 min
À retrouver dans l'émission

Lucien Hanoun
Lucien Hanoun Crédits : Anne-Pascale Desvignes

Par Aline Pailler. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Prise de son : Laurent Lucas. Attachée d’émission : Claire Poinsignon.

"100 ans et toujours militant anticolonialiste !"

Lucien Hanoun est né le 19 septembre 1914 à Oued Rhiou en Algérie de parents juifs algériens. Nous l'avons rencontré chez lui, à Vitry, où il est le plus vieux militant communiste de la ville. A cent ans, Lucien Hanoun vit seul et goûte encore les joies de la vie, toujours ému par un tableau, une gourmandise, un texte de Victor Hugo ou une chanson de Piaf. Tous les jeudis, il va à pied manger un coucous au restaurant, seul ou en compagnie d'amis ou camarade avec lesquels il débat de la marche du monde.

A cent ans, Lucien Hanoun se pose toujours des questions et n'hésite pas à se remettre en question. Il continue à militer au sein de l'ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui) dont il est membre fondateur avec Henri Alleg.

Il se souvient avec jubilation de ses années de khâgneux en 1936 et de son année d'agrégation où il n'ira jamais en cours pour lire avec passion Marx, Hegel, Lénine et même Staline ! De retour en Algérie comme professeur de français, il sera chassé de l'Education Nationale par les lois antijuives de Vichy.

Lucien Hanoun ne se présente ni en héros ni en militant exemplaire et sa prise de conscience des méfaits de la colonisation se fera après 1945 lorsque, jeune professeur de français, il découvre le cynisme de l'administration française qui refuse d'inscrire les petits Algériens musulmans dans ses écoles: "S'ils s'instruisent, ils se révolteront"! Ce sont les femmes, les mères de ces enfants qui lui montreront, par leur détermination, la voie de la résistance.

Militant du PCA (Parti communiste algérien), il entre dans la clandestinité dès les premiers jours de la guerre d'Algérie. Il crée un journal, "La voix du soldat", pour expliquer la lutte du peuple algérien aux soldats français. Quatre années de prison n'entameront, ni ses convictions, ni son énergie militante, ni son humanisme. Après l'indépendance de l'Algérie il démissionnera de l'éducation nationale française pour ne pas devenir "coopérant" et enseignera pour le ministère algérien jusqu'en 1967.

Sans regret, il s'installe en France définitivement en 1967 et garde pour le peuple algérien un grand respect. Son amour des peuples a nourri son idéal communiste; est-ce là le secret de sa longévité et de sa joie de vivre ?

1. "J'ai cent ans et je suis toujours le même **! "**

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