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Margarethe von Trotta en 1979.
Épisode 2 :

"Mon université, c'était le cinéma"

28 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième temps d'"A voix nue" avec Margarethe von Trotta qui évoque sa jeunesse à Paris et la découverte du cinéma à travers les révélations que seront les films d'Ingmar Bergman, d'Alfred Hitchcock et la Nouvelle Vague. Devenir metteure en scène est longtemps resté comme un secret en elle.

Margarethe von Trotta à Hamburg le 20 Septembre 2000.
Margarethe von Trotta à Hamburg le 20 Septembre 2000. Crédits : Wolfgang LANGENSTRASSEN / dpa Picture-Alliance - AFP

Dans ce deuxième entretien, la cinéaste Margarethe von Trotta raconte sa première image de Paris quand elle est arrivée à l'âge de 18 ans. C'était l'hiver, le ciel était gris, "tout était gris et noir" se souvient-elle, puis heureusement, vint le printemps et les amours mais "l'important, c'était quand même de découvrir le cinéma". Les films d'Ingmar Bergman, d'Alfred Hitchcock et la Nouvelle Vague vont être des révélations pour elle. Elle explique qu'avant ce choc culturel, le cinéma n'était qu'une distraction, ce n'était pas de l'art comme l'étaient la musique et la littérature.

Le premier film de Bergman que j'ai vu c'était "Le septième sceau". Alors je me disais : "Mais qu'est ce que c'est, ça?" Il y a tout dedans, on peut s'exprimer d'une façon complète parce que c'était la peinture, c'était la musique, c'était tout... Et en plus, on pouvait parler de soi-même, on pouvait y mettre ses propres émotions, ses propres faiblesses, mais aussi les désirs, tout. Donc c'était vraiment le moment de ma vie peut être le plus signifiant pour le futur.

A côté du cinéma, il y avait les discussions politiques, vives, avec celle qui représentait l'Allemagne, bien qu'apatride, elle a dû répondre "en tant qu'Allemande, en tant que venant d'un pays coupable des malheurs du monde à ce moment là". Elle dit ainsi qu'elle est devenue allemande "à cause d'eux". "C'est là que j'ai commencé à réfléchir sur notre histoire parce qu'en Allemagne, on n'en parlait pas. [...] Le film Nuit et brouillard, je l'avais vu en France et donc _j'ai compris notre histoire à travers la France. C'est quand même absurde._"

Nuit et brouillard a été un autre choc pour elle, qui la renvoyait vers son passé, même si elle ne se sentait pas coupable, "même si on ne se sent pas appartenant à ce pays ou à cette nationalité, on ne peut pas fuir", confie-t-elle. Ce sentiment d'innocence mais aussi d'ignorance face aux horreurs du passé qu'elle découvre, la pousse à chercher des réponses, à se renseigner : "On reste paralysé devant ces découvertes qu'on a faites.

"À cette époque, tous les étudiants voulaient faire du cinéma", nous raconte Margarethe von Trotta, mais si ses amis ont fini par abandonner et devenir professeurs, elle a suivi son "petit chemin" en commençant par prendre des cours dramatiques en Allemagne. "En tant que femme,  explique-t-elle, _on ne pouvait pas penser qu'une femme aurait jamais eu la possibilité de devenir un metteur en scène._"

Je suis devenue actrice, d'abord au théâtre. Et au moment où le nouveau cinéma allemand s'est présenté, j'ai essayé de rentrer en tant qu'actrice, mais toujours avec ce désir secret de devenir un jour metteur en scène.

Par Perrine Kervran. Réalisation : Clotilde Pivin. Prise de son : Jessica Foucher. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

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