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Margarethe von Trotta en 1979.
Épisode 4 :

"Après le mur de pierre, on a parlé du mur dans la tête des gens et ça, bien sûr, ça dure encore"

28 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième temps avec Margarethe von Trotta, où elle évoque les thématiques de ses films. Elle s'est attachée à raconter l'histoire contemporaine de l'Allemagne, une période oubliée dans la mémoire collective de ses compatriotes. Du nazisme au terrorisme gauchiste, elle cherche le fil de l'histoire.

Margarethe von Trotta en octobre 2000.
Margarethe von Trotta en octobre 2000. Crédits : Moenkebild/ullstein bild - Getty

Dans ce quatrième entretien d' "A voix nue", Margarethe von Trotta parle de son cinéma, de son travail de réalisatrice qu'elle exerce depuis la fin des années 60. Elle dit avoir voulu "portraiturer tout le dernier siècle" dans ses films. Elle s'est en effet surtout intéressée au passé récent de son pays, l'Allemagne dont elle a voulu filmer la mémoire.

C'était toujours surprenant comme les Français ont considéré leur histoire comme un seul fil, ils pouvaient marcher sur le fil comme dans une rue étroite et ils parlaient de Napoléon comme s'il avait vécu hier, c'est encore présent. Et chez nous, c'était quand même une rupture totale, c'était ce trou du nazisme. C'était seulement douze années, mais c'est comme un trou, un fossé et on ne pouvait pas regarder au-delà dans le passé. Et ça m'a choqué, comme vous, de ne pas avoir là aussi un fil de l'histoire. Mais c'est vrai, c'était un trou, on est tombé dans les abysses et on a bien sûr besoin presque de l'oublier qu'on a vécu ça et que c'était quand même une partie de notre histoire et de notre peuple.

Elle raconte la genèse de son film "Les années de plomb" sur deux sœurs élevées très durement par des parents protestants et dont l'une fréquentera une organisation terroriste d'extrême gauche. Inspiré de l'histoire réelle d'une militante de la Fraction Armée Rouge, Margarethe von Trotta a voulu montrer à travers ce film en quoi les jeunes enrôlés dans le terrorisme avaient aussi une histoire personnelle, n'étaient pas seulement "des criminels" mais étaient le produit d'une histoire allemande récente, celle des parents.

"Rosenstrasse" de 2003 est le premier film où elle aborde directement la période nazie en racontant l'histoire du combat de femmes allemandes pour sauver leurs maris juifs. Elle est partie à la recherche de témoignages pour construire le scénario. Elle explique que son intention était de montrer qu'il y avait des espaces pour résister.

C'était ça mon intention. Parce que ça aussi Hannah Arendt le dit : si tout le monde est coupable, personne n'est coupable. Si on peut jeter la responsabilité individuelle vers les autres, on va vers la généralité, donc on se sent libéré de tout poids.

Par Perrine Kervran. Réalisation : Clotilde Pivin. Prise de son : Jessica Foucher. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

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