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Maurice Béjart avec Laurent Goumarre (Hommage)

30 min
À retrouver dans l'émission

réalisation de Mehdi El Hadj Maurice Béjart est décédé jeudi dernier. Nous lui consacrons cette semaine la rediffusion des "A voix nue" que nous avions enregistrés ensemble à la maison de la danse à Lyon en 2005. La série "A Voix Nue" Frédéric Jacques Temple est reportée du 18 au 22 février 2008. Enregistrement donc en 2005 dans les loges pendant les répétitions de son « best of », sous titré l'amour la danse, qui venait signer les 50 ans de sa compagnie. Best of : l'intitulé de la programmation venait une fois de plus troubler le paysage chorégraphique, d'autant que la tournée de ce spectacle au fort potentiel populaire était confiée à Gérard Louvin, producteur de shows musicaux et d'émissions de télévision. Certains s'étaient émus de ce passage décomplexé de la danse dans l'économie de marché, y ont vu une trahison. C'était méconnaître la volonté de Maurice Béjart de toujours s'adresser au plus grand nombre, et d'installer de fait ses chorégraphies dans de très grandes salles, au risque parfois de se perdre dans des shows surdimensionnés. Pour autant, chacun reconnaît la rupture esthétique signée par le chorégraphe au début des années soixante, son rôle décisif dans la libération du danseur masculin, sa fréquentation des compositeurs contemporains qui aura été déterminante dans l'accès à la musique contemporaine. On se souviendra aussi de ses talents de pédagogue qui aura, toute sa vie durant, créé des écoles à Bruxelles, Dakar, Lausanne, formé des générations de danseurs et chorégraphes certes à la danse, mais aussi au théâtre, au chant, et aux danses non occidentales. Cet "A voix Nue" retrace le parcours de Maurice Béjart né Berger, fils de philosophe, danseur au corps si impropre aux canons traditionnels qu'il lui faudra se créer une danse personnelle. Boudé par les institutions françaises qui ne lui ont jamais offert un centre chorégraphique, ni n'ont permis son installation sur le territoire, le chorégraphe revenait sur ce qui motivait encore son art : le souci exclusif de ses interprètes, sa passion pour la littérature qui apparaît comme le sous-texte de ses pièces travaillées comme des biographies de personnages, et une vie de voyages qui contamine sa danse nomade sous influence. "Pendant qu'on vous applaudit, lui dit un jour Maria Callas, il faut rester immobile. Si on salue à gauche et à droite, si on baisse la tête, au moindre mouvement on ralentit ou on coupe les applaudissements. Ne pas bouger du tout, c'est ce qu'il y a de mieux." Aujourd'hui, Maurice Béjart est immobile, les applaudissements ne s'arrêteront pas.

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