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Michel Rocard pendant la campagne présidentielle en 1969.
Épisode 1 :

L'affranchissement paternel

28 min
À retrouver dans l'émission

A 83 ans, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand prend ici le temps qu’il faut pour nous conter sa vie, c'est-à-dire son enfance, son engagement intellectuel et politique, son rapport au pouvoir.

Michel Rocard pendant la campagne présidentielle en 1969.
Michel Rocard pendant la campagne présidentielle en 1969. Crédits : AFP

Par Jean-Michel Djian. Réalisation : Manoushak Fashahi. Prise de son : Frédéric Cayrou. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

A 83 ans, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand prend ici le temps qu’il faut pour nous conter sa vie, c'est-à-dire son enfance, son engagement intellectuel et politique, son rapport au pouvoir. Ne se lassant jamais de jouer les poils à gratter en vitupérant ici une gauche angélique, là une droite réactionnaire il n’hésite pas, parce que sa liberté de dire est totale, à tirer des enseignements définitifs sur les vices et les vertus du pouvoir. Mais ce social-démocrate invétéré confie aussi au rédacteur en chef de France Culture Papiers Jean Michel Djian, que l’utopie n’est pas morte. Et la Gauche encore moins. Une preuve ? L’ancien leader du PSU reste convaincu que l’autogestion peut encore nous sortir d’affaire et qu’il nous faut désormais réapprendre à domestiquer le temps.

1) L'Affranchissement paternel

Le fait d'avoir un père au sommet du combat et au sommet de l'honneur, un immense résistant en même temps qu'un très très grand savant, est une espèce de dignification que j'ai porté toute ma vie et qui m'a surement créé le besoin et l'envie d'avoir un destin à la hauteur de ce que j'avais reçu.

Mon père que je voyais assez peu, était assez raide -et sourd comme un pot. Cela ne facilite pas la conversation familiale, il n'y avait pas beaucoup d'échanges. De ma part une formidable admiration, deux ans de résistance et deux ans dans les Forces françaises libres, comme responsable des radars. La première fois que je l'ai revu en août 1944, il était splendide dans un très bel uniforme d'officier de marine.

Le père de Michel Rocard, le physicien et résistant Yves Rocard, en 19 50.
Le père de Michel Rocard, le physicien et résistant Yves Rocard, en 19 50. Crédits : AFP

J'ai assez vite compris que je n'avais pas reçu les mêmes dons de la nature, j'étais nul en maths, et incapable d'entrer dans la science. (...) Aux yeux de mon père, Polytechnique était le moins qu'on pouvait faire. Je suis inscrit en classe de mathématiques supérieures, tout ça dans l'idée qu'il fallait bien que je finisse à Polytechnique ou à Normale. (...) Je me suis bien gardé de négocier avec mon père, il n'en était pas question. J'ai profité d'un moment où il était aux Etats-Unis, et je suis allé m'inscrire à Sciences Po.

Au retour: "T'es un con. De toutes façons le monde ne change qu'avec ceux qui le créent, les scientifiques, tous les autres n'ont jamais su que baratiner (...) c'est ce que tu vas faire. Puisque tu renonces à servir à quelque chose, je te coupe les vivres."

Le père de Michel Rocard, gaulliste, l'envoie alors travailler comme tourneur-fraiseur dans les laboratoires de l'Ecole normale supérieure.

J'avais un contremaitre qui m'avait pris en charge, de culture trotskiste, il s'était engagé dans les Brigades internationales pendant la guerre d'Espagne, avait été communiste ne l'était plus, c'était un militant ouvrier étonnant [et il] tient une place importante dans le fait que je suis devenu socialiste dans les années 47/48 dans sous-sols de l'ENS

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