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Le domaine de Malagar, qui a été la demeure girondine de François Mauriac.
Épisode 5 :

Vue d'Aquitaine

29 min
À retrouver dans l'émission

Nous vous proposons un parcours dans l'itinéraire intellectuel du grand historien qu'est Michel Winock, à travers les lieux qui ont marqué sa vie. Ici, il nous parle de l'Aquitaine, où il a choisi de s'installer après sa retraite, et où il continue d’œuvrer pour la popularisation de l'histoire.

Le domaine de Malagar, qui a été la demeure girondine de François Mauriac.
Le domaine de Malagar, qui a été la demeure girondine de François Mauriac. Crédits : Philippe ROY - Getty

Innovateur dans les nouvelles façons de populariser l'histoire, Michel Winock a par exemple cherché à vulgariser cette discipline à travers le cinéma : il a participé à la création d'un Festival du film d'histoire, dans le Sud-Ouest, où il a choisi de s'installer après sa retraite. 

Ce genre d'actions font de l'historien un intellectuel public, en tant qu'il est amené à prendre position, à participer aux grands débats du siècle - par exemple dans son ouvrage Les frontières vives. Journal (1991), dans lequel il propose une réflexion sur la guerre en Yougoslavie. Pour Michel Winock, cette responsabilisation dans le débat public est liée à un "effet de génération" ; il a en effet grandi en étant immédiatement politisé par la guerre d'Algérie, c'est-à-dire par les intellectuels :

Je concevais celui qui écrit, qui enseigne, comme quelqu'un qui devait dépasser sa fonction ordinaire, et qui était légitimement missionné pour parler au public sur les choses qu'il connaissait.

Et l'historien a d'ailleurs fait des intellectuels sont objet d'étude de prédilection. Dans cet entretien, il développe une réflexion sur l'évolution du statut et du rôle des intellectuels à l'époque moderne : 

La télévision est arrivée, et avec elle on a vu naître un nouveau type d’intellectuel ; l'intellectuel médiatique, qui se fait connaître beaucoup plus par ses prestations, télévisées notamment, que par ses œuvres. Je les appelle aussi les "intellectuels professionnels", alors que par définition l'intellectuel est forcément un amateur lorsqu'il s'occupe de questions politiques, de morale publique, etc. Mais nous avons assisté à la naissance d'une nouvelle génération que j'appelle les "intellectuels professionnels", dont Bernard Henri-Lévy est le prototype le plus connu.

Michel Winock ne s'affilie pas à ce groupe d'intellectuels "professionnels". Il se dit "gêné" par la constante sollicitation des médias, et préfère se reconnaître dans la figure de "l’intellectuel spécifique", théorisée par Michel Foucault :

C'est quelqu'un qui a acquis une connaissance, par sa profession, et qui, au nom de cette compétence-là, peut intervenir. Je me garderais bien d'intervenir à propos de choses que je ne connais pas. 

Ce dernier entretien est enfin l'occasion pour Michel Winock de revenir de manière plus générale sur son parcours. Selon lui, c'est avant tout sa pugnacité et son sérieux qui lui ont permis d'en arriver là où il en est aujourd'hui, des valeurs qui lui viennent de son éducation familiale :

Au départ, il y a ma famille. Un exemple de travail acharné, de respect des autres, de ponctualité, des vertus comme celles-ci que j'ai apprises très tôt. 

Le reste, il le doit à l'amitié, aux rencontres, aux hasards de la vie.

Par Emmanuel Laurentin. Réalisation : Anne Secheret. Prise de son : Yves Le Hors.

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