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Pierre Rosanvallon le 7 septembre 2011 à Paris.
Épisode 5 :

La politique

28 min
À retrouver dans l'émission

La question du politique apparaît comme le fil conducteur de tous les travaux de Pierre Rosanvallon.

Pierre Rosanvallon le 7 septembre 2011 à Paris.
Pierre Rosanvallon le 7 septembre 2011 à Paris. Crédits : Ulf Andersen - Getty

L'ensemble du travail de Pierre Rosanvallon est motivé par l'ambition de comprendre et d'éclairer les dérives politiques de la France :

Mon but est très simple : c'est de comprendre pourquoi l'idéal démocratique n'a cessé de dériver, d'être confisqué, de se rétrécir, pourquoi il a en permanence été lié à des phénomènes d'anthropie. Comment on passe des grands idéaux [...] aux petits arrangements, aux affrontements de clans, aux manipulations et au retour plus ou moins déguisé de formes de domination ?

Malgré cet intérêt certain pour la chose politique, l'historien a toujours refusé de passer du côté des politiciens. Il donne dans cette émission les raisons de ce choix :

Lorsqu'on fait le choix d'entrer en politique, on fait le choix de consacrer des heures et des heures à des réunions, de la parlotte, de la tactique, etc. Ce que j'aime dans la vie sociale militante, expérimentale, ou dans la vie intellectuelle, c'est que chaque minute d'énergie est consacrée à lire un livre, à produire et écrire quelque chose, ou à s'intéresser à une expérience. Ce qui est le plus désespérant en politique, c'est le sentiment de ce temps dévoré par une attention et une préoccupation premières pour la vie de l'appareil, de la politique. Justement, ce qui m'intéresse, moi, ce n'est pas la politique, mais le politique. C'est-à-dire l'ensemble des représentations qui fait qu'une société se reconnaît comme faisant corps, comme participant d'un monde commun, capable d'entrer dans une logique de solidarité. [...] Alors que la politique, c'est le champ institutionnel de cette entreprise. 

Cette émission est par ailleurs l'occasion pour Pierre Rosanvallon de porter un regard sévère sur la situation politique française moderne, lui qui a notamment déclaré : "On est allés trop loin. La culture de gouvernement est devenue la culture de gestion". Il commente ici :

Je pense que le grand problème de la vie politique aujourd'hui, c'est qu'elle s'est en quelque sorte retournée vers l'intérieur d'elle-même. Les partis sont devenus des partis d'élus et de représentants - ou d'aspirants à l'être - ; ils vivent au milieu des congrès, des réunions de sections, des formes d'influence... 

Pour lui, la solution se trouve dans le contrôle forcé de la politique par la société civile :

Je pense en revanche que l'on peut imposer un ensemble de contraintes qui fassent qu'ils soient obligés de changer un peu leur comportement. Je ne pense pas que ce soit l'appel à la vertu qui pourra changer le monde politique. Je pense que ce sera l’ensemble des contraintes, des dispositifs, des éléments de surveillance de la société, de vigilance des citoyens, qui leur imposeront des contraintes auxquelles ils devront se contraindre de plus en plus.

Par Martin Quenehen. Réalisation : Charlotte Roux. Prise de son : Benjamin Chauvin. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. Coordination : Sandrine Treiner.

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
L'équipe
Production
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