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Roland Leroy en meeting, 1980
Épisode 1 :

L'itinéraire d'un fils du peuple

28 min
À retrouver dans l'émission

Premier épisode de cet entretien avec Roland Leroy, résistant et figure emblématique du journal "L'Humanité" : il revient sur ses origines modestes, ses années de formation et son engagement de résistant.

Roland Leroy en meeting, 1980
Roland Leroy en meeting, 1980 Crédits : Gilles BOUQUILLON - Getty

Dans cette série de cinq entretiens, Roland Leroy revient sur ses années de formation, son engagement de résistant, ses responsabilités nombreuses au sein du parti dont il fut à la fois un membre actif et un électron libre, ses relations avec certains responsables soviétiques, ses différences et différents avec Georges Marchais, sa méfiance vis-à-vis de certains dirigeants socialistes notamment François Mitterrand, son engagement auprès des intellectuels, son intimité avec Louis Aragon et son action au sein du journal L’Humanité.

"Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas", cette citation de Lao Tseu a été souvent appliquée aux "permanents" du Parti communiste, révélant à la fois la culture du secret et la difficulté voire l’incapacité pour certains à porter rétrospectivement un regard critique sur l’histoire du parti. Le nom de Roland Leroy, né en 1926, est attaché à l’histoire du Parti communiste français dont il est membre depuis 1942 et du journal "L’Humanité", qu’il a dirigé de 1974 à 1994. Si son indéfectible loyauté envers son parti lui a parfois valu une étiquette de "stalinien", il est toujours resté profondément marxiste, voire "marxiste-léniniste", selon ses propres termes.

Pour débuter cet entretien, Roland Leroy revient sur ses origines modestes. Son père est cheminot, proche de l’anarcho-syndicalisme, et sa mère est ouvrière textile, à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), la ville dans laquelle il a grandi : 

Quand je pense à mon père, je pense d'abord à son honnêteté fondamentale. Je lui dois une chose originale. La gare était à 100 mètres de chez nous, mon père voyageait gratuitement car il était ouvrier de chemins de fer, donc il m'emmenait très souvent à Paris en train. Il m'a emmené visiter les musées de Paris et aux manifestations ouvrières. Il m'a éveillé à la culture. Roland Leroy

L'idée de mon père, c'est qu'il fallait un parti révolutionnaire (...). Notre région, la Haute-Normandie est une région ouvrière et prolétarienne, il y avait cette tradition révolutionnaire, combative, qui existe toujours j'espère ! Roland Leroy

En 1936, le Front Populaire arrive au pouvoir. La famille Leroy espère alors voir émerger de grandes mesures sociales qui vont changer la vie des classes populaires :

Le Front Populaire, c'était comme un jour qui s'ouvrait : la fin du chômage. Roland Leroy 

En 1942, il réussit le concours d'entrée à la SNCF. Roland Leroy a 16 ans : 

Parmi les jeunes gens de mon âge, il y avait un certain Pierre Bérégovoy. J'ai été reçu au concours avec de meilleures notes que lui, et j'ai été intégré à la grande gare de Saint-Aubin, et lui à la petite gare, celle d'Elbeuf-ville. Quand il est devenu ministre, nous avons gardé des relations personnelles et singulières, malgré des désaccords vifs qui ne manquaient pas de s'exprimer. J'ai souffert au moment de sa mort. Roland Leroy

Dans la foulée, Roland Leroy adhère aux jeunesses communistes clandestines, au moment de l'occupation nazie :

Pour moi, il n'y avait pas d'autres voies que de combattre les hitlériens. Je suis venu tout naturellement au communisme. Roland Leroy 

Un jour, on me demande de devenir "permanent", c'est-à-dire, quitter mon travail, et passer dans l'illégalité. J'ai demandé à ma mère d'aller voir le chef de gare pour lui expliquer que j'entrais dans la résistance. Roland Leroy 

Roland Leroy
Roland Leroy Crédits : Radio France - Radio France

Compléments bibliographiques : - La Culture au présent , Roland Leroy (Editions sociales, 1972)- La France rouge , Un siècle d'histoire dans les archives du PCF, 1871-1989 , Bruno Fuligni (Les Arènes, 2011)- Adieu Camarades ! , de Andrei Nekrasov, (coffret DVD - Arte éditions, 2011)

Par Stéphane Manchematin. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. Réalisation : Marie-Ange Garrandeau. Prise de son : Benjamin Chauvin

Intervenants
  • journaliste et homme politique français (1926-2019), membre du Parti communiste dès 1942, ancien rédacteur en chef du journal L'Humanité
L'équipe
Production
Coordination
Avec la collaboration de
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