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Serge Ravanel

30 min
À retrouver dans l'émission

Par Claire Andrieu Réalisation: Nicole Salerne L'âge vient d'avoir raison de l'indomptable Ravanel. Avec sa mort, saluée par une cérémonie aux Invalides, les Compagnons de la Libération qui étaient 1038 à l'origine ne sont plus qu'une cinquantaine. Jeune polytechnicien doué pour l'action mais révulsé par la violence, Ravanel s'est engagé très tôt dans la Résistance. A Lyon d'abord, où il fut l'un des artisans de la spectaculaire évasion de Raymond Aubrac. A Paris, plus brièvement. A Toulouse enfin, où il contribua de façon décisive à la libération de la ville, au titre de colonel des FFI. Devenu communiste au fil de ses années de combat, il n'affichait pourtant pas d'appartenance aux FTP. Loyal à De Gaulle, il n'était pas toujours favorablement apprécié par lui. Lors d'une journée fameuse, en septembre 1944, le colonel présenta au général ses troupes, il est vrai assez hétéroclites, et De Gaulle eut ce mot : « C'est...pittoresque ». Un accident de moto, le mois suivant, éloigna Ravanel des premiers rôles. De toute façon, écrivit-il plus tard, « la conception gaullienne du pays ne pouvait convenir à des individus comme moi qui avaient risqué leur vie et appris à faire preuve d'initiative. » Retiré de la politique sans y être jamais entré, Ravanel devint chef d'entreprise et multiplia les missions de consultant. Il ne revint à la vie publique qu'après 1981, et seulement dans des postes discrets, dans l'ombre de Jean-Pierre Chevènement. En 1996, il publia un livre sous un titre qui le caractérise parfaitement : « L'esprit de résistance ». C'est deux ans auparavant, en 1993, qu'il avait accordé à Claire Andrieu ces entretiens A voix nue que nous rediffusons aujourd'hui.

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