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Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015.
Épisode 3 :

"Toute ma vie a été la recherche de la liberté"

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce troisième entretien, Serge RezvanI raconte la genèse de son livre "Le magicien" écrit après la mort de sa femme et qui porte sur la figure de son père, grand magicien. Il aborde aussi la question du succès et de la postérité. Fuyant le show-business, il se dit en quête de lui-même.

Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015.
Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015. Crédits : JOEL SAGET - AFP

Serge Rezvani, auteur de chansons et aussi écrivain, parle de son livre Le magicien sur son père, écrit après la mort de sa femme. Son père était un très grand magicien admiré dans le monde entier. A la mort de Lula, il confie avoir pensé "partir dans les limbes" tel Orphée. "Je ne pensais pas repartir dans la vie, j'attendais vraiment de la quitter", jusqu'à sa rencontre de Marie-José Nat. Sa nouvelle vie commence dans la maison vertigineuse de sa nouvelle compagne sur les hauteurs de Bonifacio, telle "la proue de la France".

Depuis sa maison à l'écart des gens, il restait très informé de l'actualité et il a écrit des articles et des pièces de théâtre pour dénoncer ce qui se passait en Iran. Le théâtre l'a intéressé pour l'écriture, c'est "le chemin" qu'il a entrepris mais ce n'était pas sa "voie" non plus. Il évoque son roman La Traversée des Monts Noirs qui est essentiel pour lui. C'est un livre sans descriptions, "un énorme théâtre". Il ne s'intéresse pas à l'histoire quand il écrit, ce qui l'intéresse "c'est la recherche de ce qu'on ne sait pas". "Une histoire, ça vous endort parce qu'on veut toujours la même", constate-t-il alors que lui cherche à "réveiller" le lecteur et lui-même. 

"Je suis trop dans le présent", explique-t-il, pour vouloir se préoccuper de sa postérité. Il ne songe pas à la transmission d'un message. Il ne cherche pas non plus le succès, il constate même : "J'ai abandonné toutes mes chances". 

Il n'y a rien à transmettre, chacun doit trouver sa question. Il faut bien se poser LA question qui nous concerne profondément. C'est très difficile parce qu'il y a beaucoup de bruits, beaucoup d'agitation. C'est pour cela que je me suis mis toujours un peu à l'écart parce que j'aime bien cette espèce de silence et ne pas avoir d'autre interlocuteur que moi-même et les fictions qui sont des fictions essentielles à mon sens.

En n'ayant jamais cherché à rentrer dans le show business, considérant ses chansons, "fragiles", elles qui sont en fait sa "biographie", il assure :"C'est rien, c'est rien du tout mes chansons". Il ne souhaite pas les voir exploitées par le marché. Désintéressé par le succès, il ne se voit pas pour autant comme un ascète mais il est curieux de ce qui est en lui. 

Je suis surtout curieux de ce que je ne sais pas. De moi, ce qui est en moi car ce qui est en moi c'est ce qui est en nous tous. C'est un chemin qu'il faut prendre tranquillement tout seul avec curiosité et humour et distance. Il ne faut jamais se prendre au sérieux non plus. Parfois on fait une chansonnette sur trois notes mais ces trois notes sont parfois plus importantes qu'un grand livre de philosophie. Il faut garder cette espèce de fraîcheur. C'est cela la question, comment rester frais, proche de l'enfance et en même temps en étant très chargé, de se charger tout le temps de toutes l'humanité amis que ça sorte comme un petit gazouillis d'oiseau, que ce soit trois fois rien.

Par Blandine Masson. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. 

Intervenants
  • écrivain, auteur et compositeur de chansons, peintre
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