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Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015.
Épisode 4 :

"Quand on écrit, arrive ce qu'on ne sait pas"

28 min
À retrouver dans l'émission

Quatrième entretien d' "A voix nue" avec Serge Rezvani dans lequel il évoque ses deux passions artistiques, la peinture et l'écriture, et comment il est passé de l'une à l'autre selon les moments de sa vie. Il raconte aussi l' "enclos" qu'a été la maison La Béate perdue dans le massif des Maures.

Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015.
Serge Rezvani à Paris le 6 Octobre 2015. Crédits : JOEL SAGET - AFP

Serge Rezvani, avant de devenir écrivain, a été peintre. C'est le rapport de la peinture à l'argent qui l'a fait se détourner de cette pratique artistique. Les marchands ont transformé la peinture en "objet" selon lui, or _"_la peinture n'est pas une chose, c’est un écran, là où on projette toutes ses interrogations". Il dit placer la peinture "très haut" mais son atelier était devenu "une morgue" : "A un certain moment, je me suis aperçu que je m'enfonçais complètement. Et j'ai fermé mon atelier complètement pendant trente ans." Les chansons qu'il a composées ont été pour lui, son "oxygène" après son expérience picturale.

Pour moi la peinture c'est vraiment un acte infantile, de salissure... de la scatologie, disons même, pour être franc. On salit. L'écriture, au contraire, c'est l'impalpable, c'est ce qu'on ne peut pas saisir, ce n'est pas un objet, on ne peut pas le vendre. C'est autre chose, tout à fait... J'ai été très loin dans la peinture, ça a été très long, très solitaire, j'ai détruit beaucoup de tableaux et je me suis aperçu que je peignais tout simplement les cancers de ma mère, par rapport au corps de la femme. Et j'ai fermé mon atelier un jour et j'ai commencé à écrire. Ça a été un éblouissement pour moi.

Il raconte leur départ de Paris, avec sa femme Lula, pour s'installer dans le Sud dans leur maison La Béate, "on s'est vraiment enclos dans une sorte d’œuf". Il explique leur refus d'avoir des enfants, toujours dans un souci de préserver leur liberté, "hors société". 

A la découverte de Venise et devant l'émotion ressentie par sa femme, pendant vingt ans ils ont vécu trois mois à Venise et trois mois à la Garde Freinet en alternance. Sa vie sociale se passait à Venise où il a vécu sans être un touriste. La beauté, c'est "essentiel" pour lui qui se définit comme un "esthète" et surtout comme "un homme de la Méditerranée".
Il évoque enfin la maladie d'Alzheimer dont était atteinte sa femme. Il en a écrit deux livres, L'Eclipse et Ultime amour. L'écriture permet, selon lui, de faire advenir ce qui est en nous et qu'on ne connaît même pas.

Par Blandine Masson. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Prise de son : Marcos Darras. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

Intervenants
  • écrivain, auteur et compositeur de chansons, peintre
L'équipe
Production
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