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Stanley Kubrick sur le tournage de Shining en 1980
Épisode 4 :

Full Metal Jacket : le film de guerre selon Kubrick

28 min
À retrouver dans l'émission

Stanley Kubrick répugnait à donner des entretiens. Ses témoignages oraux sont encore plus rares. Michel Ciment a eu la chance de rencontrer régulièrement le grand cinéaste. Grâce à lui, France Culture peut présenter un "À voix nue" d’exception.

Full Metal Jacket met en scène de jeunes soldats engagés dans les marines pendant la guerre du Vietnam, à la fin des années 1960.
Full Metal Jacket met en scène de jeunes soldats engagés dans les marines pendant la guerre du Vietnam, à la fin des années 1960. Crédits : Sunset Boulevard - Getty

Le quatrième épisode de cet entretien "À voix nue" avec Stanley Kubrick est consacré au film Full Metal Jacket (1987), qui traite de la guerre du Vietnam, en se plaçant au coeur de l'expérience guerrière, de la manière la plus objective et dédramatisée possible.

Malgré son intérêt plus général pour la guerre du Vietnam, Kubrick insiste sur le fait qu'il doit l'idée de son film à la lecture du roman Le Merdier (The Short Timers) de Gustav Hasford (1979). Il considère que ce livre lui a permis d'adopter une perspective novatrice et unique en son genre, alors même que le film de guerre est en soi un classique :

Il [le roman] m'a paru très original dans son point de vue et la sobriété de son discours. Il laisse de côté toutes les scènes obligatoires des films de guerre qui vous renseignent sur qui est qui. On ne découvre les personnages que dans le cours de l'action principale - et cela de façon très économique -, on n'y trouve pas les grands discours de chaque personnage qui ralentissent le film et sont de toute évidence inutiles. Les lecteurs s'identifient très fortement avec les protagonistes et comprennent très bien leurs rapports entre eux grâce à une structure de récit très simple.

Kubrick explique qu'il s'est lancé dans l'écriture du film sans aucun parti pris idéologique préalable, sans volonté de faire passer un message précis sur la guerre du Vietnam ; c'est véritablement et uniquement la lecture du roman de Hasford qui est à l'origine et au centre de la conception du film :

C'est davantage un processus subjectif qu'une conception architecturale du récit dans son ensemble.

Le film contribue donc aussi à créer de nouvelles images de la guerre, à une époque où ces dernières abondent. Mais, pour Kubrick, ce qui permet de captiver l'attention du public est en réalité moins l'image, que l'histoire du film en elle-même :

Ce qu'il y a de frappant, c'est l'histoire, et le type de réalité que le film présente. C'est ce qui frappe les gens aux Etats-Unis.

Finalement, on peut dire que Full Metal Jacket ne propose pas de jugement - positif ou négatif - sur la guerre. Si on devait lui trouver une "morale", elle résiderait plutôt dans la formulation d'un impératif fondamental : celui de la survie. C'est ce que l'on comprend de la réplique finale du sergent James T. Davis, dit "Joker" :

Les morts savent seulement une chose : mieux vaut être vivant.

Entretien de Michel Ciment. Réalisé par Manoushak Fashahi. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

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