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 Toni Morrison le 21 septembre 2012 lors d'une réception chez l'ambassadeur américain à Paris pour le Festival America.

"Je suis plutôt du côté de la transgression que de la loi"

26 min
À retrouver dans l'émission

Cinquième et dernière partie de la série "A voix nue" avec Toni Morrison : comment écrire l'autre entre paradis et enfer. L'écrivaine apprécie la nouveauté du langage propre au rap et au slam et poursuit sa réflexion sur la part invisible des Noirs dans la littérature américaine.

 Toni Morrison le 21 septembre 2012 lors d'une réception chez l'ambassadeur américain à Paris pour le Festival America.
Toni Morrison le 21 septembre 2012 lors d'une réception chez l'ambassadeur américain à Paris pour le Festival America. Crédits : Patrick Kovarik - AFP

5) Hantise, ombre, blancheur et noirceur dans la littérature américaine

Dans ce dernier entretien d'"A voix nue" de 2006 et rediffusé en 2012, l'écrivaine américaine nobellisée Toni Morrison donne son avis éclairé sur le rap et le slam :

Partout dans le monde on voit émerger ses jeunes qui font quelque chose de nouveau, d'inédit. C'est cela qui m'intéresse, c'est cette nouveauté d'un langage non policé, un langage sans "flics". J'imagine que c'est cela la poésie du slam. Toni Morrison 

Dans son livre Paradise, Toni Morrison questionne la notion de paradis qui se rapprocherait plus d'un paradis perdu que d'un mythe à suivre.

Le problème avec le paradis c'est qu'il est fondé sur le fait que quelqu'un  en est exclu. C'est cela le rôle de la nature, elle exclut. On ne peut pas avoir un paradis pour tout le monde. On ne peut avoir un paradis que s'il existe un enfer pour quelqu'un d'autre. Je voulais un peu suggérer la possibilité d'un paradis dont personne ne serait exclu. Toni Morrison 

Toni Morrison continue de s'interroger sur l'absence de place des Noirs dans la littérature américaine :

Pourquoi les grands écrivains américains blancs n'ont jamais écrit sur les Noirs ? Mais en fait leur langage est extrêmement codé. On perçoit qu'ils ont conscience de l'existence de cette population et comment auraient-ils pu l'oublier, ne pas la voir ? Comment éviter cette immense population d'esclaves ? [...] On perçoit leur besoin de se frotter à cette notion, c'est en fait une présence invisible mais très puissante. Toni Morrison 

Rediffusion de l'émission du 17/11/2006. Par Clémence Boulouque. Avec la collaboration de Claire Poinsignon et Gilles Davidas.

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