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Karaba la sorcière.
Épisode 3 :

Kirikou : le succès, enfin

29 min
À retrouver dans l'émission

Avec le triomphe de son personnage de bébé africain nu, Michel Ocelot a donné une nouvelle impulsion à un secteur qui ne s’adresse pas qu’au jeune public. Il est depuis lors le réalisateur de films d’animation français le plus en vue. Il rend ici hommage à ce Kirikou, à qui il doit son succès.

Karaba la sorcière.
Karaba la sorcière. Crédits : Allociné

Si Michel Ocelot a mis tant de temps à se mettre au cinéma, c'est qu'il considère que l'animation est un travail de bijoutier, qu'il faut prendre son temps et que ce n'est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Il a donc toujours été plutôt attiré par les formats de court-métrages.

Quand il se lance finalement dans l'aventure de Kirikou, il doit faire face à d'innombrables critiques, sur tous les aspects de son projet : le choix de l'Afrique comme lieu de l'histoire, ses dessins qui ne sont "pas animables", ses dialogues, sa storyboard "débile", la musique, les peaux qui sont "trop foncées", et, bien sûr, les seins des femmes... Pour Ocelot, il est de son devoir de refuser les injonctions absurdes des producteurs :

Mettre des soutiens-gorges à ces femmes que j'ai connues quand j'étais petit, qui étaient belles, ou vielles, pour moi, c'était obscène. C'était une insulte à l'Afrique pure que j'ai connue, l'Afrique bienveillante, qui ne m'a fait que du bien. 

J'ai fait le film comme je l'entendais. Je n'ai cédé sur rien. Absolument rien. J'ai résisté à tout, et nous avons gagné.

Kirikou et la sorcière.
Kirikou et la sorcière. Crédits : Allociné

Après un tournage donc laborieux, la sortie du film est au contraire un conte de fée. Pourtant, la situation de Kirikou n'était pas idéale : sans annonces dans la presse, sans publicités dans les rues, sans bandes-annonces, le film a de surcroît le malheur (?) de sortir le même jour que Mulan, du géant Walt Disney. Mais la magie opère, et c'est le public lui-même qui fait la renommée du dessin-animé : "C'est un film de bouche-à-oreille". Les séances s'enchaînent, et toutes les salles sont pleines. Un souvenir qui émeut encore aujourd'hui le réalisateur :

C'était très beau. J'ai senti que le pays aimait Kirikou. 

Kirikou, le petit enfant qui a apporté le succès à Michel Ocelot.
Kirikou, le petit enfant qui a apporté le succès à Michel Ocelot. Crédits : Allociné

Ce petit enfant africain nu offre donc à Michel Ocelot le succès, et la célébrité. Pour lui, son personnage est encore bien plus que cela. Il constitue un véritable double amélioré de lui-même :

Kirikou, c'est moi, en beaucoup mieux. 

Par Corinne Renou-Nativel. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Attachée de production : Claire Poinsignon.

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