LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Yves Boisset en 1995.
Épisode 3 :

Yves Boisset : "Pratiquement tous mes films ont eu, à un moment ou un autre, des problèmes avec la censure."

29 min
À retrouver dans l'émission

Troisième entretien avec Yves Boisset qui évoque différents films depuis "Un Condé" jusqu'à "R.A.S" en passant par "Dupont Lajoie" et "L'Attentat", qui ont tous eu affaire avec la censure et qui ont connu des difficultés de tournage.

Yves Boisset en 2004.
Yves Boisset en 2004. Crédits : Eric Fougere/VIP Images/Corbis - Getty

Yves Boisset dans cet "A voix nue" raconte son troisième film en tant que réalisateur, "Un Condé", avec Michel Bouquet dans le rôle principal d'un policier. Refusé par la censure en raison de sa dénonciation des violences policières, il a fallu retourner des scènes raconte Yves Boisset :" Si [Raymond] Marcellin était un très mauvais ministre de l'Intérieur, c'est par contre, comme les événements l'ont prouvé, un formidable attaché de presse, parce que en interdisant le film, il lui a fait une publicité énorme. Et le film a été un énorme succès commercial."

On a souvent dit que mes films étaient manichéens. C'est le grand reproche que j'ai essuyé je ne sais pas combien de fois. Ça me paraît souvent complètement faux. 

En 1972, Yves Boisset tourne "L'attentat" qui s'inspire de l'affaire de l'enlèvement du leader politique marocain Ben Barka. "Le film a suscité des réactions parfois très violentes", confie-t-il et  le tournage lui-même a été compliqué. Filmer devant la brasserie Lipp lui a par exemple été refusé et il a fallu faire appel à un avocat. 

Autre film dont le tournage fut mouvementé, c'est "Dupont Lajoie" qui raconte un fait divers raciste, inspiré d'une ratonnade qui s'est déroulée à Fréjus. Les comédiens et figurants arabes ont été pris à partie par des militants d'extrême-droite qui ont blessé par balle l'un d'entre eux.

Le film "R.A.S" sorti en 1973 parle de la guerre en Algérie à partir de témoignages de Français qui ont combattu, "tous les évènements qui sont racontés dans "R.A.S." sont absolument exacts, authentifiés", certifie Yves Boisset. Là encore, le cinéaste doit faire face à la censure et de nombreuses scènes ont été coupées amputant le film de plus de vingt minutes.

Il y a une scène de torture qui a été sérieusement coupée. On voit le jeune héros du film joué par Jacques Spiesser, qui découvre par hasard l'existence de la torture. Le personnage était passé à la gégène et les scènes de gégène ont été presque entièrement coupées par la censure. Mais assez étrangement, je trouve que c'est beaucoup plus efficace parce que la suggestion de la torture et le fait qu'on entende le type qui hurle et qui est juste un plan où on voit un type qui pose des électrodes et qui actionne une gégène, c'est finalement beaucoup plus fort que si on avait vu l'action violente elle même. 

Par Ilan Malka. Réalisation : Anne-pascale Desvignes. Attachée de production : Claire Poinsignon.

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......