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Au pays de Candy

Au pays de Candy


OWNI, 2012
Description

Avant de contribuer à libérer la Libye, la France avait aussi vendu à Kadhafi un système de surveillance de l’Internet, à l’échelle de toute la nation libyenne, qui a servi à espionner plusieurs figures historiques de l’opposition démocratique, y compris à l’étranger, mais également à incarcérer et torturer blogueurs et internautes vivant en Libye. Sur place, la livraison de ce matériel avait été négociée par le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, en relation avec Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy. Et tandis que ce dernier déclarait la guerre à Kadhafi, ces systèmes tournaient à plein régime. Amesys affirme que ce "produit " a été imaginé pour "chasser le pédophile, le terroriste, le narcotrafiquant ". Or, son "client ", celui qui lui a réclamé ce "produit ", celui qui donnait des ordres aux employés d'Amesys envoyés à Tripoli pour former les espions libyens, était recherché par Interpol, pour "terrorisme (et) crime contre l'humanité ". Abdallah Senoussi, chef des services de renseignement de Kadhafi, avait en effet été condamné à la prison à perpétuité pour son implication dans l'attentat du DC-10 de l'UTA (170 morts, dont 54 Français) par la Justice… française. Il est aujourd'hui incarcéré en Libye. Il est impossible, et impensable, qu'Amesys ait conçu untel "produit " sans l'aval des autorités françaises, ce que démontrent la vingtaine de documents souvent estampillés "confidentiels ", dont la plupart sont inédits, montrant notamment Ziad Takieddine préparer en détail les visites (qualifiées de "secrètes ") de Claude Guéant et Brice Hortefeux à Tripoli. La Libye fut le tout premier pays où un journaliste et blogueur fut assassiné en raison de ses écrits. C'était en 2005, l'année où Ziadd Takieddine commença à s'approcher de Kadhafi. Le nom de code de ce projet qui a depuis permis à la dictature libyenne d'incarcérer, et torturer, plusieurs autres intellectuels et internautes ? Candy… comme bonbon, en anglais. A la manière d’un mauvais polar, les autres contrats négociés par Amesys portent tous, et eux aussi, un nom de code inspiré de célèbres marques de friandises : “Finger ” pour le Qatar (sa capitale s’appelle… Doha), “Pop Corn ” pour le Maroc, “Miko ” au Kazakhstan, “Kinder ” en Arabie Saoudite, “Oasis ” à Dubai, “Crocodile ” au Gabon. Aussi incongru ou choquant que cela puisse paraître, Amesys avait donc donné comme surnoms à ces systèmes de surveillance massive de l'Internet à l'échelle de pays tout entier des noms de bonbons, chocolats, crèmes glacées ou sodas…

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