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Derniers visages des dieux d'Egypte : iconographies, panthéons et cultes dans le Fayoum hellénisé des IIe-IIIe siècles

Derniers visages des dieux d'Egypte : iconographies, panthéons et cultes dans le Fayoum hellénisé des IIe-IIIe siècles


Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2013

Description

En un siècle, les fouilles officielles ou clandestines dans la province égyptienne du Fayoum ont produit un nombre important de tableaux de bois pris dans un cadre et peints de divinités. Nous disposons aujourd'hui d'un corpus d'une cinquantaine de ces tableaux, complets ou fragmentaires. Ils sont contemporains des portraits de momies dits «du Fayoum», et autant qu'on puisse en juger, ont été peints au IIe siècle de notre ère.

Ces tableaux sont précieux pour l'histoire de l'art car ils offrent un témoignage exceptionnel sur la peinture de chevalet telle qu'elle était pratiquée dans le monde gréco-romain, et dont nous percevons l'importance grâce aux sources littéraires classiques (Pline l'Ancien en particulier) consacrées aux chefs-d'oeuvre des grands maîtres disparus.

Du point de vue de l'archéologie égyptienne, ils nous renseignent sur des changements profonds dans la forme donnée aux cultes et aux rituels des temples, puisque ces tableaux fonctionnent à la manière d'icônes. Ils montrent également - et surtout peut-être - comment une religion aussi ancienne que la religion égyptienne, et aux codes de représentation aussi contraignants que le canon pharaonique, a finalement pu accepter que l'hellénisme vienne changer radicalement l'iconographie trois fois millénaire de ses dieux, transformant Sobek de profil et à tête de saurien en un personnage barbu tenant son crocodile sur les genoux, tel Zeus son foudre.

Pour la première fois, ce corpus est présenté ici de manière raisonnée, avec photographie couleur et fac-similé (Henri Choimet), ainsi qu'une description puis une analyse iconographiques. C'est ainsi que plusieurs panthéons se dessinent, celui de l'antique Égypte côtoyant désormais celui des dieux du monde gréco-romain ou encore celui de divinités adorées par une nation (les Arabès  des textes grecs ?) installée sur son territoire.

Vincent Rondot est directeur de recherche au CNRS. Après des études d'égyptologie à la Sorbonne (Paris IV) puis à Lyon II, il a vécu dix ans en Égypte, notamment en tant que pensionnaire à l'Institut français d'archéologie orientale du Caire. Il a été ensuite le collaborateur de la conservation des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre dans le cadre du projet Grand Louvre. Pendant cinq ans, il a dirigé à Khartoum la Section française de la Direction des antiquités du Soudan. Il s'est aujourd'hui spécialisé dans l'étude des théologies et des questions d'iconographie religieuse aux derniers siècles du paganisme, en Égypte et au Soudan. Il est l'auteur, notamment, de La Grande Salle hypostyle de Karnak. Les Architraves, Paris, ERC, 1997 ; Le Temple de Soknebtynis et son dromos, FIFAO 50, Le Caire, 2004, et, avec Annie Gasse, Les Inscriptions de Séhel, MIFAO 126, Le Caire, 2007.

dessins d'Henri Choimet  

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