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Histoire des prisons en France, 1789-2000


Préface de Michelle Perrot (professeur émérite à l’université de Paris VII – Jussieu. Deux siècles qui courent du code pénal de 1791 supprimant, entre autres, le travail forcé et les peines perpétuelles, aux débats postérieurs à l’abolition de la peine de mort. L’illusion pourrait être forte d’un progrès linéaire de la manière dont une société traite celles et ceux qu’elle considère comme une menace. Il n’en est rien. L’idéal des Lumières bute sur une question : l’homme qui commet un acte répréhensible est-il perfectible ? Ou plutôt sur la réponse que lui donne la société : élimination bien plus souvent que réinsertion. Le bagne, désormais situé outre-mer par mesure de “ prophylaxie ” sanitaire, sociale voire politique, s’installe en Algérie, en Nouvelle-Calédonie et en Guyane pour plus d’un siècle et demi. La prison, qui endosse son vêtement de mesure coercitive, tue parfois plus que son aîné. Certes, la IIIe République connaît de belles heures, avec un étiage du nombre de détenus entre les deux guerres ; le résultat est perçu comme une preuve de la réussite de la promotion sociale dans le cadre de la démocratie parlementaire. Le dernier tiers du siècle connaît cependant une forte inflexion de tendance. Dans une société en proie à une crise économique et civique, le nombre de condamnations s’élève sans cesse. Le personnel de surveillance connaît de profondes transformations sociologiques. La classe politique s’agite : dix ans après le rapport Bonne maison, une commission parlementaire se penche à nouveau sur la question. Une vague de constructions et de mesures d’adaptation est annoncée sans peser le caractère équivoque de la quête d’une “ bonne ” prison.

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