LE DIRECT
Le djihadisme : l'islam à l'épreuve de l'histoire

Le djihadisme : l'islam à l'épreuve de l'histoire


Bachari, 2011

Description

Le Djihadisme

L'islam l'épreuve de l'histoire

L'islamisme n'est pas une déformation de l'islam il est inscrit dans sa matrice comme un de ses « possibles », parce que sa Lettre, soumise à une certaine lecture, peut aisément emprunter le trajet tracé par le projet islamiste et résonner dans l'espace balisé par ses convictions politiques. Implorée, elle obtempère et se résorbe dans les brumes idéologiques de son interprète islamiste, qu'un accès sauvage à la lettre affranchie de toutes les formalités d'usage et autres astreintes, et que la tradition imposait jadis à tous ceux qui voulaient la faire dire ou dire en son nom.

Le jihadisme actuel, déjà périclitant, s'éteindra à coup sûr, mais si les choses demeurent en l'état, dans deux ou trois décennies, d'autres révoltés ressurgiront, qui, toujours au nom du jihad, partiront de nouveau à l'assaut des ordres (nationaux et mondiaux) établis. Le problème du monde musulman n'est pas un problème religieux, il est d'ordre strictement politique. C'est la nature autoritaire des régimes en place qui, en cherchant à légitimer leur pouvoir au nom de l'islam, pour lancer l'anathème sur ceux qui les contestent, immobilisent la lettre - le Coran et la Sunna - sur le lieu, qui la prédispose à une lecture intégriste. Dupliquant la figure de l'émir ou du sultan, les dirigeants arabes, en particulier, et musulmans, en général, alimentent le conformisme, permettant ainsi à la Tradition de disqualifier tout effort d'interprétation, qui ne s'enracinerait pas dans le soubassement théologique où elle a germé et chercherait à lire et à dire au-delà de l'espace herméneutique circonscrit, par la clôture, qu'elle a érigée au XIIe siècle. Ce n'est pas la Lettre qu'il faut contraindre, pour s'autoriser d'une interprétation nouvelle, mais les « pères » qu'il faut obliger à la retraite. Le monde islamique a plus besoin d'un parricide, que d'un aggiornamento. Le prescripteur de la lettre, qui ouvre une artère aux salafistes, qui ne veulent retenir de son sens, que ce qui appelle au jihad, n'est pas l'islam en soi, mais « les princes », qui ont en fait la couche de leur conservatisme et l'ombre gardienne de leurs appétences hégémoniques.

À venir dansDans    secondess