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Victor Hugo vient de mourir


Dans l’entourage du poète, les proches ne sont plus que des ombres. Ses fils morts, Léopoldine noyée, Adèle vivante mais folle, planent sur ceux qui restent : deux petits-enfants ; des amis fidèles ; Lockroy, le gendre en quête de légitimité, qui refuse de laisser les funérailles officielles étouffer l’idéal du poète. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : va-t-on enterrer le songe avec le songeur ? Derrière cette question, c’est aussi notre époque que nous retrouvons. Ce même écart entre le gouvernement et le peuple, cette même colère. Judith Perrignon tire d’un événement historique une fable moderne.

«“ Victor Hugo vient de mourir“ Ce sont les derniers mots du rapport de police écrit à 13h30, ce 22 mai 18 85. Dix jours plus tard viendront les funérailles nationales, depuis l’Arc de triomphe voilé de noir jusqu’au Panthéon repris à l’Église par la République.

Mais la mort de Victor Hugo a laissé un épais dossier aux archives de la police. Et déclenché une véritable bataille : il fallait avoir le cadavre avec soi.»

Judith Perrignon écrit le récit de ces folles journées. Elle passe du huis clos au grand jour, de l’individu au collectif, de l’intime à l’idéologie, avec une écriture ciselée, juste, vibrante. Elle orchestre avec maestria un ballet de personnages que l’on suit pas à pas : Féger, le chef de brigade posté devant la maison du mort ; Lisbonne, l’ancien communard qui refuse de pleurer le poète ; Louise Michel qui apprend la nouvelle dans sa cellule de Saint-Lazare.

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