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Défions l'augure

Défions l'augure


Galilée, 2018
Description

PRÉSENTATION

–  Puisque tu as mal partout dans la poitrine, et de sombres  pressentiments, ne va pas au combat, diffère, suis les indications des  augures, quand nous sentons que la fin est proche, reculons, nous  recommandait notre fidèle ami Horatio. Vous vous en souvenez ?

– Me retirer ? Jamais de la vie ! We defy augury ! Être, dit Hamlet, c’est défier l’augure.  Je suis, donc j’irai. Il nous faut bien vivre, cette fois c’est décidé.  Nous mortels, c’est-à-dire vivants, ne sommes-nous pas toujours tout  près du Paradis, c’est-à-dire bien prêts dans un premier temps à le perdre, afin, dans un deuxième temps d’en voir la résurrection ? dit ce Livre. « The Readiness is all », Shakespeare est ici d’accord avec Montaigne.

C’est  cette danse avec l’Augure que répète ce Livre. Le voici tout peuplé de  co-mourants, de revenants et redevenants splendides, de commémourants,  de personnages aimés relevés des néants, venus de tous les mondes et les  continents, accourant d’un siècle à l’autre, de l’Allemagne à l’Afrique  du Sud à l’Amérique du Sud, des Suds aux Nords et inversement, défiant  l’oubli, se tirant de l’effacement,

Avertissements,  présages, souvenirs des catastrophes, signes, pressentiments, songes,  ont beau jeu de se multiplier comme les étoiles à Manhattan que l’on  voit mieux du 107ème étage du World Trade Center que de Ground Zero,  nous sommes faits pour reprendre la vie là où elle a été interrompue. 

Je  le vois, ce livre est l’incarnation de notre sort mouvementé. C’est un  assemblage de gouffres et de fêtes. Il a vingt fois le souffle coupé, il  enjambe abîmes et ruptures, tombe sous les terres ou devient demain  aérien. 

Il  m’arrive de deviner, derrière l’influence cachée de ma mère et son  génie de la digression, la présence fatidique ineffaçable de l’immense  famille Jonas, depuis le premier périple à bord de la baleine, jusqu’aux  Jonas de Bacharach et, par suite de fuite, d’Osnabrück, ces gens qui se  déplacent en quelques heures ou lignes dans dix villes différentes.

Où  sommes-nous aujourd’hui ? En 2001, et aussitôt en 1791. Quel plaisir de  simultaner ! C’est le don magique qui est le lot de ceux qui sont  expulsés toutes les deux générations d’un lieu natal. Tout est perdu !?  Revenons au Paradis, invite le Livre. C’est l’heure de retrouver les  Tours et les disparus, les capitales et les villages. Pas de  mélancolie ! Ça ressuscite intact. C’est revenir qui est le Paradis. 

Mes  livres sont des villes où demeurent des morts fées. Tous mes poètes  sont morts. Tous les morts vivent encore dans ces villes qu’ils  enchantaient hier. Des fantômes ? dit ma fille. Des gardiens du Temps,  dis-je.
 

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