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H. C. pour la vie, c’est à dire…


Galilée, 2002
Description

H. C. pour la vie, c’est à dire…, le titre rappelle d’abord un engagement, une promesse, bien sûr, la fiance ou la confiance de quelque parole donnée (« c’est pour la vie », « à la vie à la mort »), le partage de l’amitié toute une vie accordée : entre Hélène Cixous et Jacques Derrida, depuis la rencontre à Paris, il y a quarante ans, de jeunes professeurs et écrivains – tous deux juifs d’Algérie venus d’Alger.
Mais H. C. pour la vie, c’est à dire… prend acte aussi d’un parti pris. Hélène Cixous a pris parti « pour la vie ». La chose ne va pas de soi, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. Le parti est aussi un pari, un acte de foi. Que signifie gager la vie sur la vie ? Qu’aura voulu dire, pour elle, le choix de la vie ? Non pas un « choix-de-vie », mais le parti de la vie contre la mort, pour la vie sans la mort, au-delà d’une mort dont l’épreuve et la menace n’en sont pas moins endurées, endeuillées jusque dans la veine et dans la respiration, dans l’âme de l’écriture. D’où revient cet étrange différend, cette « dispute » interminable entre Jacques Derrida et Hélène Cixous, au cœur de leur accord, quant à ce que réserve la mort au fond de la vie même, avant la fin ? Comment l’une peut-elle se tenir du côté de la vie, alors que l’autre, lui, se sent aspiré _du côté _de la mort ? La réponse à cette question passe aussi par l’analyse minutieuse de la logique, de la topographie de ce qu’on nomme « côté », des récurrences du mot « côté » dans le lexique d’Hélène Cixous (à côté de _cote, coté, côte, cotte, _etc,) et de tant d’autres mots, par exemple les richesse du signifiant « or » dans le prénom du père, Georges, l’événement de Ève dans le prénom de la mère, ou la puissance de « puisse » – qui donne lieu à une grande explication théorique avec Freud et sa théorie de la « toute-puissance » de la pensée.
On pourrait aussi lire H. C. pour la vie, c’est à dire… comme des mémoires. Au moins comme une partie plus grande qu’elle-même, une mesure sans mesure, une partition plutôt, mais sensible et décisive, des mémoires de l’auteur, Jacques Derrida. Prenant la forme d’un témoignage philosophique et parfois philologique, d’une anamnèse aussi érudite qu’argumentée, ces mémoires fouillent en effet, ils se cherchent aussi bien dans les cryptes du passé que dans l’œuvre immense d’Hélène Cixous. Car c’est un hommage sans complaisance que Jacques Derrida veut rendre à la pensée de celle qu’il tient pour l’un des plus grands écrivains et poètes français.
À travers nombre de souvenirs mais surtout en s’autorisant minutieusement, analytiquement, précautionneusement de tant de textes admirés d’Hélène Cixous, de son amour acharné pour la langue, de la poétique de ses inventions verbales, de son lexique encore inouï, de son souffle et de sa ponctuation, Derrida rappelle en effet ce que fut, pendant près de 40 ans, son amitié pour elle, la lecture interminable de son œuvre, leur entretien silencieux mais sans fin au sujet de ce que signifient par exemple « croire », « pouvoir », « vivre » et « mourir », etc. L’amitié, la lecture, les complicités d’une altercation muette partagent sans partager, mais elles ne se laissent pas séparer. L’une assigne l’autre à vie, l’une et l’autre à la fin se convoquent : ultime rendez-vous, pour un autre jour, à la croisée des chemins à venir.
(Présentation de l'éditeur)

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