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La nature domestique. Symbolisme et praxis dans l’écologie des Achuar


Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 2019

Description

Symbolisme et praxis dans l'écologie des Achuar

À l'heure où l'Amazonie connaît une crise majeure affectant la planète dans son ensemble, il est indispensable de (re)lire ce classique de l'anthropologie de la nature, qui a fait l'objet d'un nouveau travail éditorial et propose une préface inédite.

Isolés dans la forêt du haut Amazone, les Jivaro achuar d'Amazonie équatorienne domestiquent dans l'imaginaire un monde sauvage qu'ils ont peu transformé. En peuplant la jungle, les rivières et les jardins de parents animaux et végétaux qu'il faut séduire, contraindre ou cajoler, cette ethnie guerrière donne à la nature toutes les apparences de la société. À partir d'une ethnographie minutieuse de l'économie domestique, l'auteur montre que cette écologie symbolique n'est pas réductible à un reflet illusoire de la réalité, car elle influence les choix techniques des Achuar et, sans doute même, leur devenir historique. L’auteur y analyse les rapports entre la tribu et son environnement naturel sous l’angle des interactions dynamiques entre les techniques de socialisation de la nature et les systèmes symboliques qui les organisent. 

De 1976 à 1979, Philippe Descola a vécu au contact des Jivaros, à la frontière entre l’Équateur et le Pérou.De cette expérience, il a tiré une thèse, publiée sous forme de monographie en 1986 et rééditée ici. Ce texte de référence occupe, depuis sa parution, une place de choix parmi les classiques internationaux de l’anthropologie.

Extrait de la préface inédite de Philippe Descola :« La réédition de La Nature domestique un peu plus de 30 ans après sa première parution m’offre l’occasion de revenir sur les raisons de l’accueil bienveillant que des lecteurs très divers n’ont cessé de réserver à ce livre, une réaction que j’étais loin d’anticiper en l’écrivant, qui m’a parfois surpris au fil des années et dont il serait hypocrite de prétendre qu’elle me laisse indifférent. C’est peut-être que chaque génération a vu dans l’ouvrage des propositions qui résonnaient avec ses préoccupations du moment, faisant ainsi de celui-ci un dépôt sédimenté des questions qui se posent depuis plusieurs décennies sur la place de la nature dans la vie sociale. Version à peine remaniée de ma thèse de doctorat, cette monographie reflétait pourtant la conjoncture scientifique de l’époque dans le domaine qu’elle traitait : les rapports matériels et idéels que les Achuar, une tribu d’Amérindiens de la haute Amazonie équatorienne, entretenaient avec leur milieu [...].L’écho suscité par la Nature domestique est en effet dû en partie au constat que j’y faisais de l’inanité de l’opposition entre nature et culture comme un outil analytique pour rendre compte de sociétés comme celle des Achuar et aux propositions que j’y avançais pour dépasser une approche dualiste des rapports entre humains et non-humain ».  

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