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Pavel Florensky, Les imaginaires en géométrie. Trad. du russe par Françoise Lhoest et Pierre Vanhove. Préface de Cédric Villani. Zones Sensibles, 130 p., 16 €

Les imaginaires en géométrie


Zones Sensibles, 2016

Description

Pavel Florensky, Les imaginaires en géométrie. Traduit du russe par Françoise Lhoest et Pierre Vanhove. Préface de Cédric Villani (éditions Zones Sensibles, 2016)

Pavel Florensky (1882-1937), théologien orthodoxe russe, philosophe et mathématicien, travaille à partir des années 1920 sur la physique et l’électrodynamique, publiant son ouvrage principal de science pure, Les Imaginaires en géométrie, texte écrit en 1902 alors qu’il étudiait les mathématiques (mais auquel il a rajouté un neuvième et dernier paragraphe, fondamental, à l’occasion du sixième centenaire de la mort de Dante) et consacré à l’interprétation géométrique de la théorie de la relativité d’Albert Einstein. En « homme de la Renaissance », Florensky s’est intéressé à un grand nombre de domaines scientifiques. Nombreux sont ceux qui l’ont comparé à Léonard de Vinci, mais la motivation de Florensky n’était pas un simple désir d’apprendre, mais d’utiliser toutes les ressources des sciences pour bâtir un monde unifié, où science et religion, phénomènes et idées platoniciennes, spirituel et rationnel coexistent harmonieusement. Il espérait démontrer que les découvertes scientifiques modernes n’avaient rien d’incompatible avec les dogmes de l’Église.

Cet ouvrage ne doit pas être lu comme un traité de mathématique ou de physique, mais comme un texte idéologique mettant en œuvre la pensée transverse et globalisante de Florensky. Le but n’est pas de développer la théorie de la relativité d’Einstein, mais d’intégrer ces notions scientifiques dans son système de pensée. Cet ouvrage jette des ponts entre différents domaines dans la but de concilier une approche scientifique et spirituelle. Au-delà des mathématiques, ce livre est aussi un ouvrage de philosophie : Florensky considère par exemple que les idées platoniciennes existent dans un espace inversé par rapport au nôtre, ou un « espace imaginaire ». Comme les mondes physique et spirituel ne sont pas indépendants, mais sont inséparables, deux plans d’une même surface, on passe d’un monde à l’autre par un retournement intérieur. Florensky utilise ainsi les imaginaires pour argumenter, dans le chapitre final écrit en 1922, que Dante a anticipé des aspects de la géométrie elliptique non-euclidienne dans la Divine Comédie. Comme l’écrit Cédric Villani dans la préface à cet ouvrage, «saluons le courage d’une pensée ardente qui refusa d’être une brique sagement rangée dans un édifice, si magnifique soit-il». Cet ouvrage paraît pour la première fois en français, dans une traduction à huit mains qui aura demandé presque un siècle pour être achevée. (note de l'éditeur)

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