LE DIRECT
Madame de Staël Œuvres

Madame de Staël, Œuvres


Sous la direction de Catriona Seth
Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade, 2017

Description

Germaine de Staël a pour père Jacques Necker, ministre de Louis XVI, et pour mère Suzanne Curchod, qui tient un salon dont Diderot et Buffon sont les habitués. Elle accède dès son plus jeune âge au monde des Lettres, à celui des idées, au «monde» tout court. «Condamnée à la célébrité sans pouvoir être connue», elle entend être jugée sur ses écrits. Son premier ouvrage significatif est consacré à Rousseau. Elle est d’une certaine manière la fille des Lumières et de la Révolution. Elle deviendra, de son vivant, la femme la plus célèbre d’Europe.

La destinée des femmes – en particulier la question de leur liberté – est au cœur de son œuvre. Au tournant du siècle (1800), on lit dans De la littérature que l’ordre social est «tout entier armé contre une femme qui veut s’élever à la hauteur de la réputation des hommes». Cela se vérifiera. Le livre, ambitieux, se propose de «caractériser l’esprit général de chaque littérature dans ses rapports avec la religion, les mœurs et le gouvernement». La seconde partie est consacrée à «l’état actuel des Lumières en France». Le Premier Consul préfère entendre parler du siècle de Louis XIV. Il n’aura de cesse d’éloigner Staël et de l'empêcher de (lui) nuire.

Elle met en pratique ses idées sur le roman avec Delphine (1802), que l’on citera, avec La Nouvelle Héloïse et Werther, parmi les modèles du roman moderne. La forme épistolaire rassure le public, mais le texte est un véritable terrain d’exploration psychologique. L’héroïne appartient à la même génération que l’auteur, partage ses espérances, doit comme elle faire son deuil de la société idéale à laquelle elle aspirait. L’amour est peut-être le «seul sentiment qui puisse dédommager les femmes des peines que la nature et la société leur impose», mais que valent les sentiments face à l’opinion publique? Comme Staël, comme bientôt Corinne, Delphine détonne dans une société qui préfère l’hypocrisie à l’enthousiasme. Le livre connaît un immense succès. La manière dont il aborde les questions politiques et sociales – émigration, religion, divorce – n’a rien pour plaire en haut lieu. Trop anticatholique, trop anglophile, trop révolutionnaire : Germaine de Staël devra désormais se tenir à plus de quarante lieues de Paris.

Elle va se consoler en Allemagne, découvre l’appel de l’Italie, publie en 1807 son second roman, Corinne ou l’Italie. Corinne, une poétesse anglo-italienne, ne se conforme pas au modèle féminin en vigueur dans la société. Éperdument amoureuse d’Oswald, un Écossais mélancolique assujetti aux lois patriarcales, elle lui sacrifie ses talents littéraires. D'aucuns verront dans cette tragédie d’une artiste géniale et insoumise, mais victime de l’amour, un autoportrait déguisé de la romancière, dont Benjamin Constant, qui savait de quoi il parlait, disait qu’elle avait un «esprit d’homme, avec le désir d’être aimée comme une femme».

Les dernières publications sur Catriona Seth

Le secret professionnel de Mme de Staël et des femmes qui résistent au pouvoir
29 min
Secret professionnel
LE 21/05/2017

Mme de Staël, une femme qui dans l’histoire de la politique et de la littérature, a, premièrement, eu du génie, deuxièmement, été d’opposition. Elle ose...

Germaine de Staël (2/4) : Une lucidité de tous les instants
58 min
La Compagnie des auteurs
LE 09/05/2017

Essayiste et romancière, Germaine de Staël conserve dans chaque genre un réel souci d’analyse. Ses grands romans mettent en scène des héroïnes, Corinne...

Germaine de Staël, penser sans frontières
52 min
Les Chemins de la philosophie
LE 21/04/2017

Au-delà des apparences, des sexes et des pays, faites-vous une idée vraie de Germaine de Staël et découvrez ses Œuvres !

Tourments de la séduction (4/4) : Choderlos de Laclos, « Les liaisons dangereuses »
51 min
Les Chemins de la philosophie
LE 06/10/2016

Quand le lecteur se fait voyeur...

image par défaut
4 min
image par défaut
53 min
Je l'entends comme je l'aime | été 11
LE 15/05/2011

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le libertinage de pensée et de mœurs avait partie liée avec des scènes musicales. L'opéra était un lieu qui favorisait des...

image par défaut
1h

À venir dansDans    secondess

full_screenCreated with Sketch.