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Qu’est-ce que le bolchevisme ?


Le Bruit du temps, 2015

Description

Avant-propos de Ramona Fotiade
Postface de Jean-Louis Panné
Traductions du russe par Sophie Benech

Ce petit livre réunit deux textes de Léon Chestov (1866-1938) très peu connus – mais qui nous paraissent aujourd’hui encore d’une remarquable actualité. Ils comptent parmi les très rares pages que la philosophe russe consacra directement à des questions politiques. Le premier « Qu’est-ce que le bolchevisme ? » est écrit en 1920, peu après l’exil auquel l’a contraint le coup d’État d’octobre 1917. L’opuscule qui devait paraître à Berlin ne verra jamais le jour, sans doute jugé trop dangereux par son éditeur, mais le texte est publié en français dans le Mercure de France. Chestov n’était pas seul, dans ces années-là, à poser cette question. Dans sa postface, intitulée « L’Énigme russe », l’historien Jean-Louis Panné présente un panorama très complet, inédit et passionnant de la réception de la Révolution russe en France dans les années vingt, ce qui lui permet de montrer l’originalité de l’analyse de Chestov, qui anticipe sur celles d’un écrivain comme Vassili Grossman. Le bolchevisme appartient au passé russe, même s’il se présente comme nouveau ; en réalité, il s’agit d’un mouvement « profondément réac- tionnaire », qui crée un nouvel asservissement du peuple russe. De plus, il est absolument incapable d’une création positive: « maintenant il est même défendu de se taire », or les hommes capables de créer ne peuvent pas se faire à l’esclavage. Cette analyse, très neuve à l’époque, éclaire une grande part de l’histoire récente de la Russie, jusqu’à la situation actuelle. 

Chestov écrit le second texte en 1934, quatre ans avant sa mort, pour une revue d’inspiration théosophique publiée en Inde, The Aryan Path, qui – en dépit de son titre – marqua avec force son opposition à la montée du nazisme... Là encore, ce qu’écrit Chestov résonne avec force aujourd’hui, notamment ce qu’il nous dit de l’utilisation par les barbares de tous les moyens que leur fournit l’essor du progrès technique et de la science d’une civilisation pour laquelle ils proclament leur mépris. Dans les deux textes, le seul espoir réside, pour Chestov, dans le maintien de la liberté et de l’indépendance spirituelle. « Là où il n’y a pas de liberté, il ne saurait naître rien de ce qui est apprécié par les hommes sur la terre. » Une liberté qui, pour Chestov – et là encore, il y a amplement matière aujourd’hui à débat – est, paradoxalement, du côté de la révélation apportée par les Écritures, et non de la tradition philosophique née de la raison athénienne. 
(Présentation de l'éditeur)

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