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Dominique Rolin


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Biographie de Dominique Rolin

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BIOGRAPHIE Dominique Rolin est née à Bruxelles, rue Saint-Georges, le 22 mai 1913. Elle est décédée le 15 mai 2012 à Paris. Son père Jean Rolin, fils d'un magistrat belge, est directeur de la Bibliothèque du ministère de la Justice. Sa mère, fille de l'écrivain naturaliste français Léon Cladel, est professeur de diction. Rapidement ce couple s'avère aussi invivable que remarquable, sombrant dans une violence dont l'oeuvre de la fille aînée explorera, avec passion et rigueur, les soubassements et les effets. C'est en 1942, au plus sombre de la guerre et en plein enfer privé que Dominique Rolin produit son premier chef-d'oeuvre, "Les Marais" (Denoël), salué avec ferveur par Max Jacob et Jean Cocteau. En 1946, elle quitte la Belgique et s'installe définitivement en France. Elle collabore en tant qu'illustratrice aux Nouvelles littéraires à Paris, où elle rencontre le dessinateur et sculpteur Bernard Milleret qu'elle épouse en 1955. Milleret meurt en 1957. Ce choc produira, trois ans plus tard, un superbe roman : "Le Lit", porté à l'écran en 1982 par la réalisatrice Marion Hänsel. En 1958, elle est élue membre du jury du prix Fémina et rencontre l'écrivain qui, dans ses romans futurs, s'appellera Jim. Elle écrira l'histoire de cette relation exceptionnelle tout au long de sa vie. Son engagement aux côtés des protagonistes du Nouveau Roman, à partir des années soixante, est à l'origine de sa révolte contre le caractère sclérosé du prix Fémina. Une vive polémique dans la presse aboutira à son exclusion, en 1964. Le 11 juin 1988, Dominique Rolin est élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises où elle succède à Marguerite Yourcenar.L'oeuvre romanesque de Dominique Rolin connaît quatre phases essentielles. La première, qui va des "Marais" jusqu'aux "Deux soeurs" (1946), nous présente des romans dans lesquels s'opère une transposition du drame familial : le décor est nordique, la perplexité flamboyante et les noms des personnages ont tous une résonance germanique sinon flamande ; ensuite, après le départ à Paris, le ton change : un réalisme apparemment plus français prédomine, les personnages de "L'Ombre suit le corps", "Souffle" (1952, prix Fémina) ou d'"Artémis" portent des noms qui n'ont plus rien d'exotique, leur milieu social varie, mais le noyau familial et ses radiations restent souvent les mêmes. Dans la période qui suit 1960, marquée par le bouleversement de la conception et de la technique romanesques sous l'influence des expériences en cours à Paris (Tel Quel et le Nouveau Roman), Dominique Rolin retrouve sa mémoire propre, tout en la fragmentant au fil d'une écriture constamment présente à elle-même ("La Maison la forêt", "Maintenant", "Le Corps..."), allant ainsi jusqu'à inscrire son nom et celui des siens dans la texture même de ces magnifiques romans que sont "L'Infini chez soi" (1980), "Le Gâteau des morts" (1982) et "La Voyageuse" (1984).Ayant de ce fait subverti le pacte autobiographique traditionnel, Dominique Rolin poursuit un voyage romanesque très singulier au cours duquel des fictions vraies (tels "Trente ans d'amour fou" ou "Le Jardin d'agrément") redistribuent et transfigurent à nouveau les récits de sa mémoire, en les mêlant à des versions imagées. Pareille stratégie permet à la romancière de s'éloigner quelquefois du registre autobiographique ("L'Enfant-roi", "Vingt chambres d'hôtel"), d'écrire de superbes essais ("Un convoi d'or dans le vacarme du temps"), de noter ses rêves avec une étonnante franchise ("Train de rêves") ou d'inventer un somptueux monologue intérieur du peintre Pieter Breughel récapitulant sa vie et ses combats d'artiste ("L'Enragé"). Il convient d'ailleurs de souligner le rôle primordial joué par la peinture, principalement vénitienne et flamande, dans cet univers romanesque. Au coeur de plusieurs textes, des tableaux de Guardi, de Van der Weyden ou de Vermeer déclenchent des mises en scène très particulières d'un amalgame de souvenirs et de projections. Enfin, la superposition d'un chef-d'oeuvre de Breughel et de la mort du père de la romancière a produit un des livres les plus forts de Dominique Rolin : "Dulle Griet" (1977).Elle a conservé pour la Belgique un attachement profond. Souvenirs de jeunesse et de voyages tissent dans son oeuvre une toile de fond où se retrouvent notamment la ville d'Ostende ou "Bruges la vive" (1990). Dans ce dernier ouvrage, elle insuffle à la cité que Rodenbach voyait morte une densité et une présence que lui confèrent la mémoire des paysages, de l'art et des traditions. En 2000, à l'occasion de la parution de "Journal amoureux" (Gallimard), on apprend l'identité de celui qu'elle a toujours prénommé Jim. Il s'agit de Philippe Sollers, ce qui a suscité dans le grand public une certaine curiosité. A cet amour, elle a consacré d'autres livres dont "Trente ans d'amour fou", (1988) et "Le Jardin d'agrément", (1994).En 2002 elle publie son dernier roman, "Le Futur immédiat", qui s'interroge sur le temps d'une vie et qui pose la question : Pourquoi faudrait-il mourrir ?Sources : Extrait de la présentation réalisée par Frans De Haes pour le site de Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique ; journal Le Monde.

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