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Gaëtan Roussel


Auteur, compositeur, interprète
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Biographie de Gaëtan Roussel

Quand avec Ginger, son premier album solo libérateur de 2009, Gaëtan Roussel partit en recherche de nouvelles stimulations musicales et humaines, la quête fut riche au-delà des espérances. Une longue et bouillonnante tournée de deux ans ne l’aura toutefois pas empêché de mener de front plusieurs projets, notamment l’écriture de bandes originales de films (Mammuth de Delepine & Kervern et Camille redouble de Noémie Lvovsky, pour laquelle il fut nommé aux César) ou la réinvention, le temps d’une création aux Francofolies, de La Rochelle de l’album Play Blessures de celui dont il fut le dernier partenaire de double, Alain Bashung. Alors qu’on célébrait en parallèle le quinzième anniversaire d’un disque, le premier Louise Attaque, qui a tant influé sur le cours des choses, Gaëtan Roussel persistait à regarder devant lui en composant les onze nouvelles chansons aujourd’hui dévoilées, pour un deuxième album sous son nom qui amplifiera encore son influence sur la scène française contemporaine. Ginger était le disque d’un affranchi, capable après une longue et fertile aventure en groupe(s) - Louise Attaque et Tarmac - de bouleverser son langage musical et de rénover à la fois sa manière d’écrire et de chanter. Album puzzle et jouissif, entrechoquant l’anglais et le français dans une novlangue au groove irrésistible, il a également permis à Gaëtan Roussel de renaître à la scène différemment qu’en leader de troupe, plus volontiers en passeur de fluides, en révélateur d’énergies collectives et d’échanges sans frontière. L’impressionnant succès critique et public de l’album (200 000 exemplaires vendus, trois Victoires de la Musique) réconfortait au passage cet homme sans cesse en proie au doute sur la validité et la pérennité de ses intuitions. En même temps qu’un prolongement des euphories de Ginger, ce nouvel album recentre un peu plus le propos sur son auteur, ayant ceci de différent qu’il fut enregistré à Paris, sans recours à des invités, et chanté quasiment qu’en Français. Ce léger changement de ton, on le doit notamment à une rencontre avec Pierre-Dominique Burgaud, auteur entre autres de la comédie musicale Le Soldat Rose et du remarquable Une vie Saint Laurent avec Alain Chamfort. Leurs échanges présideront à l’écriture de plusieurs textes clés de l’album, à commencer par le single Éolienne. Roussel a pioché dans l’immense réserve de textes de son partenaire des phrases, des tournures, des mots isolés, qui mélangés aux siens et malaxés à quatre mains paraîtront taillés sur mesure. La Simplicité qui ouvre l’album, La Barbarie qui le clôture, ou encore ce Poésie qui le perce à jour, sont autant d’exemples de leur parfaite coagulation. Gaëtan Roussel a écrit seul le reste, mais sous l’influence de cet échange remarquable, porté par le même influx. « Co-écrire m’a rendu plus libre que dépendant », dit aujourd’hui celui qui avait déjà connu avec Alain Bashung, notamment sur Le Secret des banquises, le même type de relations textuelles. Musicalement, Gaëtan a choisi d’emboîter le pas victorieux de Ginger en collaborant une nouvelle fois avec Benjamin Lebeau de The Shoes et avec le producteur Julien Delfaud (Woodkid, Phoenix…), car assurément ces trois-là n’étaient pas parvenus au bout de toutes leurs idées. En accueillant dans la ronde Ambroise Willaume de Revolver, préposé aux arrangements de cordes, il y avait là une judicieuse manière de se renouveler dans la continuité et de parfaire une alchimie redoutable sans risquer la répétition ou la sclérose. Si Joseph Dahan, avec lequel il avait travaillé sur les musiques de Ginger, n’est présent ici qu’en filigrane, la dynamique de cette pop extralarge, traversées de mille influences, bousculée par l’électro et le rock oblique, demeure aussi remarquable. Parmi les nouvelles explorations, on notera une plongée dans les remous dilatés du dub (Par-dessus tes épaules, Poésie, We Will Be Strong), une grammaire sonore apprise autant chez Clash qu’à travers la relecture futuriste qu’en fit Massive Attack. « Orpailleur hors pair », toujours en quête d’une pépite qui éblouira de son éclat singulier telle ou telle idée musicale, Gaëtan Roussel procède ici comme toujours par frictions et contorsions, rompant avec la linéarité d’écriture qui caractérise trop souvent le rock français. Derrière Orpailleur, la chanson, on croirait voir flotter l’ombre de Dr John et ses « Gris-Gris » vaudous. Un titre comme Matrice nous embarque dans une folle machinerie sonore alors qu’au contraire Hum Hum Hum surprend par ses calmes transparences et la langueur aquatique de sa production. Face aux étoiles se propage comme une onde boréale portée par une pulsation qui vient glisser comme par miracle à l’intérieur de We Will Be Strong pour un fascinant dyptique en trompe-l’oeil. « La Simplicité, ça paraît toujours avoir existé », chante Gaëtan et cela résonne comme le mode d’emploi de cet album à la fois lumineux en apparence et complexe de nature, où la recherche sonore n’obstrue jamais l’éclosion des mélodies et où la volonté d’échapper aux formats traditionnels des chansons n’empêche pas celles-ci de sonner immédiatement familières. L’énergie éolienne qui alimente l’ensemble de ce disque aérien et parfois orageux possède bien de quoi galvaniser l’automne et l’hiver prochains tout en promettant de durer longtemps et faire de lui un classique hors saison.

Les oeuvres de Gaëtan Roussel

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15/03/2014
Gaëtan Roussel
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