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Pauline Horovitz


Artiste, cinéaste
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Biographie de Pauline Horovitz

Pauline Horovitz commence par faire des études de philologie romane à lʼÉcole nationale des chartes avant de sʼapercevoir quʼelle veut faire de la bande dessinée. Elle entre alors à lʼÉcole nationale supérieure des arts décoratifs où « elle évite la sculpture et les installations en bricolant des films ». À partir de 2007, elle travaille en résidence à la Casa de Velázquez de Madrid comme cinéaste, et dans le même temps, elle commence à travailler régulièrement sur Cut Up, une revue documentaire diffusée par Arte et produite par Quark Productions. Elle bénéficie actuellement de la résidence Culturesfrance / Louis Lumière, en Espagne, pour la préparation d'un moyen-métrage, avec le soutien du Centre National de la Cinématographie. « Sous la forme de propositions brèves, au ton enjoué, malicieux, voire caustique, affichant une neutralité documentaire sans apprêt, les films de Pauline Horovitz instruisent des épisodes familiaux ou personnels curieux ou divers modes de comportement en société. Si lʼobservation de sa propre famille constitue le motif privilégié de ses films, la loi sociale en est le fil conducteur. Comment échapper à la norme ? Comment contourner une règle ? Quelle est la nature de la relation entre une loi et sa transgression ? Proches dʼune tradition littéraire héritée de Georges Perec, activée dans le champ de lʼart contemporain par des artistes comme Christian Boltanski ou Valérie Mréjen, ses films explorent les rituels de la vie quotidienne, le savoir-vivre et les interdits, les goûts et les phobies au gré de listes et dʼinventaires. Dans son premier opus, Tout a commencé par le sourire, elle se complaît dans le catalogue ironique de ses tares physiques: mâchoires décalées, myopie évolutive, mollesse des membres, incontinence, rétroversion du bassin. Lʼirréversibilité de ses défauts dessine une loi implacable à la manière dʼun destin. Tentative dʼinventaire énumère ses goûts alimentaires. Quelle est la norme ? Le gruyère trempé dans le chocolat ou la tartine de moutarde sont-ils des aliments plus singuliers que le foie de génisse ou la cervelle dʼagneau ? Un jour jʼai décidé sʼattache à décrire le moment de rébellion au cours duquel lʼindividu énonce subitement des choix personnels, en rupture avec les interdits familiaux que sont le devoir dʼamabilité, la correction du maintien, la norme alimentaire. Le refus de manger de la viande est présenté à plusieurs reprises dans ses films comme un acte hors-la-loi. La loi est bien sûr incarnée par la famille. Dans Lʼinstinct de conservation, Pauline Horovitz dresse un inventaire des objets quʼelle aime conserver. « Je garde tout », prévient-elle dʼemblée. Billets de cinéma, timbres, figurines, savons, jouets en plastique, sachets de sucre, photos, ours en peluche, lettres, brevet de natation constituent un répertoire disparate des reliques du quotidien. La question de lʼarchive divise la famille. Si le père, souvent en voyage ou absent, garde sa valise toujours prête, la mère jette tout. Conserver, stocker, énumérer, jeter, choisir, sʼalimenter sont autant de déclinaisons de la loi familiale. Pauline Horovitz affectionne une certaine excentricité. (...) En témoignent ses deux portraits familiaux, assez savoureux. Quʼil sʼagisse de son père (Polanski et mon père) ou de sa tante Sophie (Les toilettes sèches), chacun manifeste lʼaffirmation têtue dʼun mode de vie où la limite du normal et du pathologique se trouve débordée. (...) La tante Sophie défend avec véhémence le principe des toilettes sèches où lʼeau est remplacée par la sciure. Jusquʼoù lʼimpératif écologique rencontre-t-il chez elle une étrange manie ? On apprend quʼelle recycle lʼeau du thé et impose à sa famille, par une logique retorse, des pommes pourries tout au long de lʼannée. La norme sociale définit une manière dʼéliminer les restes. Telles sont les leçons de lʼarchive (jeter ou ne pas jeter), du régime alimentaire (viande ou légumes) ou de lʼétiquette (obéir ou se révolter). Définir sa propre loi suppose dʼinventer une économie nouvelle de lʼarchive. Le charme des films de Pauline Horovitz tient à lʼobservation ironique de nos habitudes domestiques. La communauté de lʼâge démocratique se compose désormais dʼune constellation volatile de conduites singulières où chacun se définit par un écart stylistique. Nous ne sommes plus dans la logique de lʼaffrontement ou du conflit, mais à lʼère de la négociation. Sans doute est-ce le mérite de ses films dʼexplorer la dimension fantastique de cette communauté. »

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