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Robi


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Biographie de Robi

"Je suis au moins deux, voire plus" explique Robi, dans un sourire, lorsqu'on lui demande de décrire sa personnalité. Si les chansons orageuses de la jeune femme peuvent agiter l'océan parfois placide de la chanson française, si ses mots neufs semblent avoir la capacité de faire revivre une langue souvent morte, c'en est précisément la raison : Robi brouille les pistes, toutes les pistes, à en faire avaler sa boussole au plus aguerri des explorateurs.

Robi, que l'état civil connaît sous le nom de Chloé Robineau, est née à Nice mais n'y a passé que dix jours. Son père est néo-calédonien, sa mère née au Maroc. Au gré du nomadisme familial, elle a déroulé les jolis jours de son enfance et imprimé ses sensations premières au Nigeria, au Sénégal ou à Madagascar. Elle a passé son adolescence à la Réunion, s'y est construit une culture musicale française, classique, harmonique, intellectuelle, nourrie des illustres anciens, Brel, Ferré, Brassens ou Barbara. Puis vient, logiquement, la quête d'indépendance, le désir de s'éloigner du cocon familial. Robi s’installe à Paris : elle part de Saint-Denis-de-la-Réunion à 17 ans mais atterrit à Charles-de-Gaule à 18, célébrant sa majorité et sa nouvelle liberté en passant l'Équateur.

Sans patrie ni identité trop fixe, un miracle dans un monde d'influences photocopiées, Robi continue, à Paris, à faire ce que cette boulimique de livres et d'histoires fait depuis qu'elle est gamine : elle écrit. Des chansons, beaucoup. Dans sa tête, toujours. Passant de l'idée en l'air à sa réalisation concrète, elle enregistre quelques maquettes et disques auto-produits, avec Ben Kaszmareck ou Laurent Madiot. Une de ses chansons deviendra un livre pour enfants, avec pour thématique, tiens tiens, la question de l'identité et de sa multiplicité.

Et petit à petit, le compas commence à s'affoler. les conceptions et acquis sont dynamités : confrontée à l'excitante nouveauté et à l'opulence culturelle, la jeune femme se découvre des alter-ego, des cousins d'instinct, des artistes qui écrivent avec leurs tripes autant qu'avec leur âme. Elle écoute PJ Harvey, John Parish, Dominique A, elle découvre que l'équilibre entre sa délicatesse et sa brutalité, les fiançailles de la violence et de la finesse sont possibles; elle découvre surtout que n'en faire qu'à sa tête est, pour tout artiste, le seul chemin possible vers la beauté pure. Elle croise la route et les fines plumes de JP Nataf, Alexandre Varlet, Arlt ou Bertrand Belin notamment, qu'elle invite à partager une création à la Réunion. Comme ceux qui l'inspirent sans l'influencer, Robi prend son temps pour se trouver, se défaire définitivement des figures imposées et écouter les siennes propres : sauvage et libre par nature, la parisienne ne peut s'épanouir que dans l'aventure et la liberté.

Cette vérité artistique, cette nudité retrouvée, cette grammaire inédite se révéleront à Robi avec David Tétard dans un premier temps, puis et surtout avec le bassiste Américain Jeff Hallam, qui l'accompagne désormais, tous les trois co-compositeurs du premier maxi éponyme. Hallam aura été le décodeur de ses désirs inassouvis : ils ont donné vie aux chansons qui naissent et grandissent dans sa tête et son ventre, pour la plupart basées sur les pulsations primordiales, terriennes et profondes d'une basse et d'une batterie. Robi réussit à résoudre le paradoxe qui fait sa grâce et la rend si inclassable. Elle lie intimement le primitif des corps et l'alambiqué des sentiments, l'immédiateté du rock anglo-saxon et les arabesques savants de la chanson française, met sans le vouloir Portishead au voisinage immédiat des Pixies et présente sans le savoir Serge Gainsbourg à Elysian Fields.

Sur les six chansons de ce premier maxi, changeantes comme la météo de mars, belles ou ravageuses ou les deux à la fois, capiteuses et cinglantes, la Parisienne marie sa poésie sobre et enivrante au langage insaisissable des sens, crée un dialogue permanent entre l'amour et la douleur, la vie et la mort, l'obscurité et la lumière, les corps qui se frôlent et les âmes qui se lient. Sur ces six titres fauves et majeurs, Robi découvre une terra incognita intime et universelle à la fois, dont nous n'avons encore exploré que les premiers reliefs. Le premier maxi de la Parisienne, distribué par La Baleine, sortira le 29 octobre. Robi a été choisie par les internautes dans le cadre du concours de septembre de l’inRocKs lab : elle jouera à ce titre à la Flèche d’Or le 13 octobre. Ray Bartok l’a invitée à faire sa première partie, le 14 octobre au Café de la Danse. Puis, accompagnée de quelques uns de ses brillants camarades, elle s’installera à la Loge pour une résidence et des concerts les 29 octobre, 12 novembre et 17 décembre : la belle aventure de Robi n'en est donc qu’à ses premiers chapitre.

CONCERTS AUTOMNE / HIVER 2011

12/11 LA LOGE, PARIS en résidence (avec invités)

17/12 LA LOGE, PARIS en résidence (avec invités)

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