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Singtank

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Biographie de Singtank

Depuis ses commencements, la pop aime les fratries. Ça tombe bien : Joséphine et Alexandre de La Baume, dont le groupe Singtank pourrait bien égayer tous les palmarès pop de 2012, sont frères et sœurs. Contrairement aux Gallagher, il y a peu de chances que l’un jette un jour sa guitare à la figure de l’autre dans les loges d’un concert raté. Déjà parce que leurs concerts sont chouettes. Ensuite, parce que Joséphine et Alexandre – un demi-siècle à eux deux – sont complices, se nourrissent de leurs différences. Petite, Joséphine vouait un culte à Michael Jackson. « Elle s’habillait comme lui et refusait les rumeurs sur la chirurgie esthétique, se souvient tendrement Alexandre. » De son côté, le jeune garçon insistait, dès qu’il franchissait la porte d’un salon de coiffure, pour obtenir une coupe à la Elvis Presley. « Le débat de l’époque, entre nous, c’était de savoir who was the king, sourit Joséphine ».

Le roi, ou plutôt la reine, c’était probablement la culture, omniprésente dans la famille : leur maman est passionnée par la musique classique, leur demi-frère joue du saxophone, leur papa est féru de théâtre et leur demi-sœur réalise des documentaires. Dans leur appartement parisien, les deux enfants apprennent le piano. Sur la platine familiale tournent les vinyles de Jacques Dutronc. A la télévision, Joséphine regarde les clips des Rita Mitsouko. Elvis et Michael cohabitent dans la joie.

Puis vient l’adolescence et, avec elle, son lot de coups de cœurs plus personnels. Pour Alexandre, ce sera la scène rock anglo-saxonne avec Radiohead, les Pixies, Blur, Pulp… Une première salve de découvertes qui le conduira ensuite à regarder dans le rétro pour faire connaissance avec les aînés (Kinks, Zombies, Bowie…). Après une période hip-hop, Joséphine succombe de son côté à l’électro et au rock sulfureux des White Stripes. A chaque fois, chacun fait partager ses béguins à l’autre. Prolongement logique de cette connivence, le duo commence à faire de la musique. « Au départ, c’était vraiment pour rigoler, à la maison. »

Sauf qu’en plus d’être complices, Alexandre et Joséphine sont doués. Bientôt, les morceaux prennent forme, soutenus par une complémentarité parfaite. « Je partais dans des choses lyriques, j’avais un peu tendance à écouter mon âme en peine, sourit Alexandre. Joséphine, de son côté, apportait un côté plus rock et m’empêchait de glisser vers des choses mièvres. » Singtank naît de ce savant équilibre – le nom, en forme de pirouette, fait référence aux longues sessions organisées pour dénicher un patronyme au groupe, lesquelles prirent au final des allures de think tank. Désireux d’aguerrir son écriture, le duo s’entoure d’un ami musicien chevronné, Alberto Cabrera, issu du groupe Zoé, aussi aperçu au sein de Scenario Rock. Une fois les chansons en poche, la paire contacte des producteurs. La chance est au rendez-vous : Nellee Hopper, connu pour ses collaborations avec Massive Attack et Björk, s’amourache du projet et convie les Français à traverser l’Atlantique pour enregistrer ses morceaux dans les studios du clavier de Beck, à Los Angeles. Le hasard fait bien les choses, c’est donc dans la ville du cinéma que Joséphine se retrouve ainsi, à l’été 2010, à partager le micro avec son frère- elle qui poursuit, parallèlement à Singtank, une carrière d’actrice- on l’a vue chez Tavernier, Gavras… « Le studio était hallucinant, avec des tas de claviers incroyables. C’était impressionnant car il fallait être à la hauteur. Puis on est allés terminer le disque à Londres. »

Niveau hauteur, In Wonder atteint des altitudes rares pour un premier album, enchaînant une petite quinzaine de popsongs parfaitement taillées et aux mélodies soignées, que se partagent les voix délicieuses d’Alexandre et Joséphine. Oscillant entre indie-rock imparable (Give it to me, Never Love Again), ritournelles accroche-cœur (Superstar, Nuit Nuit) et ballades radieuses (Blue, Jupiter), Singtank s’invite d’emblée à la table des grands songwriters pop. Carré, le disque n’en oublie pas pour autant d’afficher un côté joueur et une légèreté enfantine rare dans le paysage français, comme sur le single The Party, sapé pour conquérir le cœur des radios anglaises. On pense à Franz Ferdinand qui aurait fricoté avec les Cardigans, à Jarvis Cocker qui chatouillerait Adam Green, à Jacques Dutronc, pour le côté ironique, qui s’acoquinerait avec les Flaming Lips.

Brillant sur disque, le groupe a déjà fait ses preuves sur scène, notamment le temps d’un passage remarqué au festival des Inrocks, et lors de concerts à Londres, Hong Kong ou en Italie. « La première fois, on a vidé une boîte d’anti-nausée à deux avant le concert, tant on avait peur. » Que les laboratoires pharmaceutiques se rassurent. S’agissant des concerts annoncés ce printemps, la rupture de stock devrait être évitée sans peine. Singtank n’a plus aucune crainte à avoir : 2012 sera pour le duo l’année de la révélation.

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