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The Bewitched Hands

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Biographie de The Bewitched Hands

THE BEWITCHED HANDS vus par… FRANCOIS DUCRAY Vous connaissez Casanova ? Plus de mille conquêtes pour moins de dix coups de foudre ! Grosse vantardise ou froid ratio, le débat reste ouvert. Mais bon nous, les critiques rock, on est un peu (en toute modestie et inavouable frustration, bien sûr) les Casanova de la musique de rythme populaire : pour mille articles, combien d’extases durables, de vraies découvertes ? Pas des louches en tout cas... En ce qui me concerne, je croyais bien avoir mon compte, et depuis déjà un bon bail - la dernière fois, c’était Cat Power, “ You Are Free “. Et puis voilà que m’assaille à nouveau cette sensation de vertige, ce picotement rarissime qui vous parcourt de haut en bas et inversement quand une musique vous inonde d’émerveillement. Vous vrille les entrailles et sidère les sens si intensément que, tout d’un coup, vous la reconnaissez et vous SAVEZ : cette musique, elle est toute palpitante de fraîcheur mais déjà tellement haute en couleurs, riche de nuances mais toutes tellement trempées d’adrénaline qu’elle en devient l’évidence même. Et qu’on se demande comment diable on a pu, jusque là, vivre sans...Sans celle, au hasard, du Velvet - presque toute une vie ! Sans celle des... BEWITCHED, à partir de maintenant!.. Ca m’est arrivé avant, heureusement ! Je raconte vite fait avec qui, histoire de mettre les pendules à l’heure et même si leurs styles respectifs ont peu ou rien à voir : Roxy Music et les Sparks d’un côté, Talking Heads et les Rita Mitsouko de l’autre. Quatre premiers albums (pour les Sparks, c’est le troisième en fait) renversants de fougue, d’aplomb, d’élégance innée. Quatre premiers albums à la personnalité flamboyante, gavés jusqu’à la gorge de chansons à la chair pop et aux muscles rock, de chansons si foutrement bien ciselées que certaines firent des hits dignes des Beatles, des Kinks ou du Gainsbourg de l’ Age d’Or. Quatre premiers albums, par ailleurs et afin de prendre date, dont chacun annonçait en fanfare quatre trajectoires non moins impressionnantes. Sans trop me pousser du col, j’y ai cru alors, aussi vrai que j’entrais en transe à l’écoute du “Blood On The Tracks” de Dylan, du “Berlin” de Lou Reed ou du “Rock Bottom” de Robert Wyatt, mais là j’ai pu l’écrire, le signer, et pour ne rien vous cacher, j’en suis encore tout fier !.. The Bewitched Hands, épisode 1, premier album de ce sextet originaire de Reims. Leur truc frappeur dès la première écoute, c’est que d’un déluge de guitares (ils sont trois à en jouer sur tous les tons) et d’un torrent de voix, (tour à tour en solo, par paire, trio, voir tous ensemble, tous chantent) ils vous tirent à tout coup une inventive ligne mélodique à couper le souffle. Ce qui déjà n’est pas donné à tout le monde : on flirte là avec le niveau “Lithium” de Nirvana! Où ça se corse encore, c’est qu’ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin : souvent, ce n’est pas juste une mélodie qui s’envole, mais deux ou même trois qui se dégagent d’une cascade de brefs couplets pour mieux s’étreindre en un refrain léthal. Grâce à quoi non seulement on se perd avec délice dans les premiers, mais on retient aisément les seconds. L’effet Beach Boys, plus récemment réactivé par Blur ou les Strokes : des mini-symphonies, mais si souples et fluides qu’elles vous percutent autant qu’elles vous enveloppent. Bref, une déferlante, une féerie de sons splendides … A les voir en concert, c’est toujours aussi impressionnant ! Sauf qu’avec l’album des BEWITCHED, au lieu d’un “ Gigantic “, on en a carrément PLUSIEURS, bénis soient ils (dont elle, parce qu’ils sont cinq garçons plus une fille et que tous, peu ou prou, composent) ! Et à chaque fois, la fin me surprenant comme on émerge d’un rêve, je pense à l’innocente question de Lennon à propos des disques de Motown, qu’il adorait : “ C’est si beau, comment ils font ?..” Une seule réponse me vient, du vieux Trenet : “ Y’ a de la joie ! “ Pas que, mais c’est vrai, il y en a. Un peu partout dans leurs airs de grand large. Et par les temps qui courent, c’est de l’or en barres... un refrain léthal. Grâce à quoi non seulement on se perd avec délice dans les premierAlors bien sûr, il y a aussi ce nom à coucher dehors : loin, très loin de chez eux, sous d’autres étoiles, comme là où la musique qui les porte va les emmener promener. Et pour très, très longtemps. Ma main à couper ! Mais ne vous y fiez pas. Fiez-vous à eux : ECOUTEZ-les plutôt. TOUT est déjà là...

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