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Troy Von Balthazar

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Biographie de Troy Von Balthazar

« I feel like hell but I look okay ». Idéalement, il faudrait pouvoir s'arrêter à cette impeccable confession glissée au cœur du bouleversant Tigers pour dresser le portrait de Troy Von Balthazar. Parce que oui, Troy Von Balthazar a l'air okay. Il est beau. Il a grandi à Hawaï. Il y a longtemps surfé. Il a été, dans les 90's, à la tête d’un groupe bruyant et abrasif, Chokebore, devenu culte le jour où Kurt Cobain l'a choisi pour ouvrir les concerts de Nirvana. Il est aussi ami avec Leonard Cohen — sa seule admiration avouée — qui l'a hébergé un temps et sur la guitare duquel il a composé ses premières chansons solo. Et il a sorti en 2005 un album « Troy Von Balthazar » remarqué par les critiques. C'est que notre homme s'entend à tresser des pop songs enchanteresses.Mais, oui aussi, Troy Von Balthazar se sent like hell. La violence rentrée de Chokebore ne s'est pas exactement évaporée lors de sa conversion à la guitare folk. Les mélodies sont lentes mais son jeu reste tranchant et sa voix — par exemple sur Happiness And Joy au titre trompeur — écorchée vive. Elle traîne, tonne et tangue : sculpte un éther lesté de vibrations vénéneuses. Hawaï, après tout, est connu pour accueillir parmi les vagues les plus perchées de la planète. Et c'est ainsi qu'il va : en équilibre gracieux entre ses très bas et ses très hauts. Comme l’indique le titre de son second album — « How To Live On Nothing » —, Troy Von Balthazar s'est choisi une vie d'anachorète — lorsque je l’interroge sur les romans qui l'ont marqué, il me répond « Faim » de Knut Hamsun, contant la déchéance hallucinée d’un journaliste qui, ne parvenant plus à vendre ses articles jugés « trop inactuels », erre dans les rues de la grande ville. De fait, Troy Von Balthazar ne possède que ce que peut contenir son sac. Sillonne l'Europe en troubadour, se rend à L.A. pour enregistrer une partie de son album, habite souvent Berlin. Une vie de dénuement mais avec, toujours à portée de main, une guitare, un dictaphone, et les cahiers à qui il confie ses paroles de chansons et ses notes de roman — il a déjà publié un premier livre 3 Girls dépliant sur le mode d'un journal surréaliste les aventures d'un artiste que la création torture et qui dérive doucement d'un continent à l'autre à la rencontre des mystérieuses Anna, Emilie ou Véro. « C'est une étrange vie de vagabond que j'ai choisie il y a déjà vingt ans, raconte-t-il, toute entière dédiée à mon art ». C'est que Troy Von Balthazar n'a qu'une idée : « écrire la plus belle des chansons ».

Et s’il dit écouter beaucoup de soul 70's, cela ne s'entend pas. « How To Live On Nothing » évoque au contraire très fort les sortilèges du regretté Elliott Smith : un folk mélancolique mais avec de granuleuses boucles électroniques, des vers aiguisés – « this could turn me into a fascist, a forest, a fountain a suicide. The place behind a faceless mind” chante-il dans Hapiness & Joy - et la voluptueuse explosion au moment du refrain, à l’instar de Very Very Famous — vous savez le genre de chanson qui à la première écoute vous donne l’impression qu’elle était en nous depuis toujours.

Comme si Troy Von Balthazar s'appliquait à fixer le plus honnêtement et le plus précisément possible, les voix qui dialoguent en chacun de nous. Il les embrasse et leur imprime un mouvement de spirale ascensionnel : vers la lumière.

Et lorsque je lui demande si ses sessions de surf ne lui manquent pas — le grisant sentiment de faire un avec les éléments, de glisser à la même vitesse que la mer et le ciel — il me répond avec un grand sourire : « Aujourd'hui je retrouve ce sentiment lorsque je chante sur scène ». On comprend : ses concerts souvent se métamorphosent en une solitaire cérémonie shaman : là où ses voix intimes enfin s'accordent et nous bouleversent.

Alors, oui, enfin : He looks like hell, but he feels okay.

Dernières publications sur Troy Von Balthazar

31/03/2011

Emission du jeudi 31 mars avec Catherine GRENIER, Marie DESPLECHIN et la Session de TROY VON BALTHAZAR

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