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Céline Metzger

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Biographie de Céline Metzger

pour son film documentaire « Cameroun : "sortir du nkuta". *Le « nkuta » est un sac en toile de jute. Cette expression, typiquement camerounaise, fait référence à l'expression française des années 80 « sortir du placard » ou plus communément aujourd'hui au « coming out ». L'homosexualité au Cameroun est passible de 6 mois à 5 ans d'emprisonnement. La société camerounaise est-elle pour autant homophobe ? Les libertés individuelles ne signifient-elles rien dans cette société ? A travers les parcours de trois homosexuels et d'une avocate , Alice Nkom, le Cameroun se dévoile pour nous laisser apercevoir les restes d'une influence coloniale sur une tradition communautaire encore bien présente. Plus qu'un jugement de valeur, ce film cherche à mieux comprendre cette société apparemment homophobe. Intentions de l'auteur La liste, lâchée comme un pavé dans la mare par des journalistes peu scrupuleux, met en exergue l'homophobie qui semble dominer la société camerounaise. Pendant ce temps, les homosexuels se cachent et les intellectuels dénoncent. Si cette liste ne concerne qu'une minorité de camerounais, c'est bien la société camerounaise dans son ensemble qui réagit, se met en mouvement. Parler des homosexuels dans ce pays, c'est décrire l'évolution des moeurs et des mentalités nécessaires à une société afin qu'elle respecte les libertés individuelles et les droits de l'homme. Si Alice se bât pour l'abrogation de l'article 347bis, elle a peu de chance de réussir sans le soutien de l'opinion. Ceci soulève la question de la tolérance : peut-on l'imposer ? Quand on sait que l'homosexualité reste en Afrique un délit grave, passible de la peine de mort (dans certains pays musulmans) on est tenté de répondre oui. Mais l'on oublie trop vite les conséquences dramatiques à vouloir imposer la liberté ou la démocratie. Aujourd'hui les Camerounais sont convaincus que l'homosexualité est une perversion venue d'Europe et qu'une fois de plus « le Blanc » s'impose comme une norme à suivre : ne serait-ce pas là des rancoeurs issues de la colonisation ? Suzanne KALA LOBE et Alice pensent que la société camerounaise n'est pas tortionnaire et au contraire tolérante donc prête à accepter cette évolution, symbole du respect des libertés l'individuelles. Ce film s'interroge sur la capacité de la société camerounaise à accepter ses homosexuels : l'abolition de cette loi est-elle envisageable aujourd'hui ? Il tente ainsi de faire un bilan sur l'évolution nécessaire des mentalités pour que cette liberté individuelle soit enfin respectée dans ce pays. Malheureusement, aujourd'hui les Camerounais sont muselés. Paul Biya est prêt à tout pour être réélu en 2011 alors qu'il détient le pouvoir depuis 26 ans déjà. Les droits de l'homme et les libertés individuelles de 1996 ne ressemblent à rien si ce n'est à un peu d'encre sur du papier. Aborder le sujet de l'homosexualité dans un pays différent du nôtre, mais largement influencé par notre culture, offre un axe de réflexion pertinent au sein de notre société dite tolérante et initiatrice des droits de l'homme. Pourtant, aujourd'hui encore, même en France, l'homosexualité suscite dans certains milieux une aversion, en tout cas une réprobation. L'état français n'est pas en reste quant à la question du respect des droits de l'homme dans ses propres frontières. Il n'y a qu'à regarder nos prisons. Si mon intention n'est pas de faire un parallèle avec la situation en France, mais bien de décrire le contexte camerounais, il me semble que ce film doit trouver un écho dans nos sociétés occidentales. De mon point de vue, il est souvent plus facile de traiter des libertés individuelles et des droits de l'homme hors de nos frontières afin de sensibiliser le spectateur à la situation dans son propre pays. Et si la France n'est pas L'exemple, cela ne doit pas nous arrêter de dénoncer les manquements à ces droits fondamentaux.

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02/06/2009

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